La GAZETTE
de l'Académie des Sciences,
Arts et Belles-Lettres de Caen
(N°18 Hiver 2007)

[ Editorial | La vie de l'Académie| Les nouveaux membres]
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EDITORIAL

En guise de bilan

Quitter la présidence de notre Académie est un moment d'émotion et de réflexion qui m'incite à évaluer ce qui a été fait pendant ces deux décennies et la situation que je laisse à mon successeur. Je sais que le rôle du président ne se résume pas à son titre et son habit, et je sais aussi que, les quittant, je resterai actif au service de notre Compagnie. Je ferai mentir Montherlant qui, parodiant un aphorisme célèbre, écrivait: «L'ennui naquit un jour de l'uniforme ôté».

Ce fut un grand honneur pour moi, et un plaisir chaque jour renouvelé, d'être votre président. Je ne regrette en rien les aller-retour, deux à trois fois par semaine, entre mon village lointain et Caen, car, pour votre service, j'ai pu, dans l'enthousiasme et avec l'appui du bureau et de la Commission administrative, poursuivre, entreprendre et gérer la tâche que vous m'aviez confiée.

J'ai poursuivi, en l'améliorant, la parution bi annuelle de La Gazette et publié, en les replaçant dans leur rythme annuel, deux livres de nos Mémoires, ceci avec l'habituelle compétence technique de Bernard Garnier et de nos correcteurs Yves Noël et Marcel Weyant. Il y a un an, je présentais un nouveau «trombinoscope» rassemblant la photo et les coordonnées de cent vingt de nos membres contre quarante huit l'année précédente. Un nouvel exemplaire, encore plus complet, paraîtra au cours de l'année 2008.

La modernisation de nos moyens s'est accélérée durant ces deux années: ordinateur, imprimante, borne de sonorisation, micros cravate et micros balladeurs, écran, rétro-projecteur, PC ... Avec ces matériels, et grâce au savoir-faire de notre secrétaire, un diaporama a été créé. Nous allons prochainement le sonoriser.

Nos activités ont été multiples. Trente conférences publiques ou privées ont été proposées depuis deux ans, toujours de haut niveau, et en alternance avec celles qu'organisent nos Amis de l'Académie. Douze autres conférences sont programmées pour l'année 2008. Nous avons proposé à la Région des thèmes de réflexion. Nous avons créé ce que j'appelle des "labels de l'Académie" en accordant des partenariats à l'occasion des années Senghor, Mozart et Grieg, en particulier avec l'ensemble orchestral Capricèio de Jean Malraye. Notre site Internet est maintenant traduit en allemand, après l'avoir été en anglais.

Nos finances sont saines et j'ai respecté l'engagement pris lors de mon élection de ne pas augmenter le taux des cotisations durant mon mandat. Merci à nos sponsors et aux collectivités territoriales qui nous subventionnent.

Au plan des membres de notre Académie, nous avons, hélas, eu à déplorer depuis deux ans le décès de sept confrères et consœurs: Raymond Triboulet, André Journaux, Robert Verger, Edouard Zarifian, Mgr Bernard Jacqueline, Jean Bouglé, Josée Berthault. Ayons pour tous ceux qui ont des problèmes de santé une pensée amicale et solidaire.

L'évolution des effectifs est considérable puisque nous comptons aujourd'hui 44 membres titulaires, 138 associés correspondants et 8 membres honoraires, soit 190 membres dont 46 nouveaux depuis deux ans. Cet accroissement que nous avons recherché depuis ma prise de fonctions, a revitalisé et rééquilibré notre Compagnie en diversifiant le recrutement: douze de ces nouvelles recrues sont extérieures au département du Calvados, quatre sont d'origine étrangère (Allemagne, Italie, Grande­ Bretagne), dix neuf appartiennent au monde enseignant et universitaire, onze au monde administratif et à l'entreprise, huit au monde des lettres et des arts, quatre au corps médical, un à l'armée. Enfin, j'ai eu la satisfaction d'accueillir dix femmes.

Que tous ceux qui ont répondu au contrat moral que j'avais passé début 2006 avec chacun d'entre vous: recruter au moins un filleul durant mon mandat, en soient vivement remerciés. Continuons dans cette voie.

A l'aube de cette nouvelle année, permettez-moi de présenter à tous mes vœux de santé et de satisfaction personnelle et professionnelle, et de former le souhait que tous contribuent à élargir la grande famille de notre Académie.

Bernard GOURBIN

 
 


La vie de l'Académie

Ce que nous faisons

Fin mai

- Le 21 - Réunion de la Commission administrative.
- Le 31 et 1er juin: L'Académie invitée aux diverses manifestations du 50e anniversaire de la reconstruction de l'Université de Caen-Basse-Normandie prévues au printemps et à l'automne.

Juin

- Le 7 - Cinquième rencontre informelle de la Commission avec deux nouveaux membres associés, MM. Le Fèvre et Lefebvre-Filleau, et un candidat, M. Lebras.
- Le 8 - L'Académie représentée à la remise, à l'hôtel de ville, du prix littéraire de la ville de Caen 2007 et du prix littéraire des lycéens de la ville de Caen décernés à Muriel Barbery pour son roman "L'élégance du hérisson" (Gallimard), en présence de notre confrère Gérard-Guy Mouchel, président du jury.
- Le 12 - Sixième rencontre informelle entre la Commission et trois nouveaux membres associés: Mmes Halbout-Cohen, Valla-Lequeux et M. Sinsoilliez, et une candidate, Mme Fehlmann.
- Le 16 - Conférence publique de notre confrère Joseph Maalouf, directeur du département de philosophie à l'université libanaise de Beyrouth, sur le thème: "La question de la vérité dans les religions".
- Le 18 - Réunion de la Commission administrative.
- Le 22 - L'Académie représentée à l'inauguration de l'exposition "Trésors de Slovaquie orientale" au musée de Normandie.
- Le 23 - Septième rencontre informelle de la Commission avec un nouveau membre associé, M. Chomette, et un candidat, M. Lépinard.
- A l'invitation de notre collègue Patrick Ramade, l'Académie invitée à l'inauguration de l'exposition Philippe Borderieux au musée des Beaux-Arts.
- Le 25 - Finition par notre secrétaire de la mise en ligne de la version allemande du site de l'Académie.
- Le 30 - L'Académie représentée à la présentation officielle, au siège de la Communauté de communes de Saint-Sauveur-Landelin (Manche), de l'ouvrage de notre confrère Robert Sinsoilliez, préfacé par Philippe Seguin: "Le prince Charles-François Lebrun".



Juillet

- Le 6 - L'Académie invitée à l'inauguration de l'exposition des sculptures, lettres et dessins de Camille Claudel au Centre International de Deauville puis à la conférence "Camille Claudel, génies et enfers" animée par notre confrère Michel Brethenoux.
- L'Académie également invitée au vernissage de l'exposition de peintures de notre consœur Mareike Wolf-Fédida à la mairie de Trévières.
- Le 7 - Huitième rencontre informelle entre la Commission administrative et deux nouveaux membres associés: Mme Wolf-Fédida et M. Sochon.
- L'Académie se voit attribuer une subvention de 2 800 € par la Direction des Affaires culturelles (DRAC) du Calvados.
- Le 13 - Une subvention de fonctionnement à hauteur de 1 800 € attribuée par le Conseil général à l'Académie de Caen.
- Le 19 - L'Académie invitée au vernissage de l'exposition "Caen aux XVe et XVIe siècles" organisée par notre confrère Yves Lecouturier, directeur du Musée de la Poste et des Techniques de Communication.
- Le 27 - Fermeture du secrétariat de l'Académie (vacances du secrétaire Nicolas Rajaomilison).

Août

- Le 5 - Participation de dix de nos membres (Vladimir Fédorovski, Michel Giard, Babette Halbout-Cohen (en bas à droite), Gilles Henry, Yves Lecouturier, Jean-Pierre Marin, Gérard Pouchain, Mareike Wolf-Fédida) à la 23e Journée du Livre de Granville qu'organise notre président Bernard Gourbin avec l'appui de notre collègue Robert Sinsoilliez et de la Société des Auteurs de Normandie présidée par Michel de Decker.


- A l'invitation de l'association Saint-Rémi d'Annebault, notre confrère Jean­Jacques Bertaux, conservateur en chef honoraire du musée de Normandie, fait un exposé sur Les Ermites, particulièrement les Saints connus et vénérés en Normandie.
-Le 9 - Vladimir Fédorovski, Michel Giard, Bernard Gourbin, Selva Gourcy, Jean-Paul Lefebvre-Filleau, Gérard Pouchain, Robert Sinsoilliez et Mareike Wolf-Fédida également invités au 19e salon du Livre de Cabourg "Lire à Balbec" présidé par Gonzague Saint-Bris. Notre collègue J-P Lefebvre-Filleau prononce, la veille à la salle des fêtes, une conférence sur "Zola et l'affaire Dreyfus, l'histoire
d'un double crime", thème de son dernier livre.
- Le 27 - Réouverture du secrétariat.

Septembre

- Le 22 - Conférence privée de notre collègue Philippe Mugler: "L'histoire du papier monnaie".


- Election de cinq nouveaux membres associés correspondants: Mme Simone Fehlmann, inspecteur d'académie honoraire (parrains: Jacques Moulin et Jean-Louis Dumas); Mme Silvia Fabrizio-Costa, professeur de langue, littérature et civilisation italiennes (parrains: Alain Goulet et Gérard-Guy Mouchel); M. Dominique Lebras, procureur général de la République (parrains Jean-Pierre Marin et Bernard Blanchard); M. Xavier Alexandre, journaliste (parrains: Bernard Gourbin et Jean-Marie Lepargneur); M. Bernard Legrand, ancien directeur général adjoint du Comité européen des assurances (parrains: Yvon Bénard et Jean-Marie Lepargneur).
- Plusieurs membres de l'Académie participent à la réunion de la Société d'Histoire de la médecine de l'Ouest qui se déroule à Hambye.
- Le 24 - Réunion de la Commission administrative.
- Le 29 - Découverte d'une nouvelle partie du patrimoine du Bessin à l'occasion du 2e rallye: "Le Bernesquois". Il se déroule parmi les villages perdus et les vieilles terres du Bajocien (Fontenailles, Le Chaos, le Bouffay, les Pertes, Villiers-Port, Escures, les Fosses Soucy ... ) et les fermes fortifiées (Vaumicel, Rouge Fosse, Le Hommet, Lieu d' Amour, La Rivière, l'Hermerel, le manoir de Miss France 1967, la maison de Du Guesclin ... ). La journée se termine par un pique-nique à Bernesq chez le président et son épouse.


- Remise des insignes d'officier dans l'Ordre National du Mérite à notre confrère le professeur Jean-François Duhamel, par son frère le journaliste Alain Duhamel, à l'hôtel Mercure Caen-Côte de Nacre.

Octobre

Le 5 - L'Académie invitée à une Table ronde autour de la traduction du "Guépard" de Giuseppe Tomasi di Lampec par Jean-Paul Manganaro. Cette rencontre est organisée à l'IMEC (Abbaye d'Ardenne) par notre nouvelle consœur Silvia Fabrizio-Costa.
- Les 5 et 6 - L'Académie participe à l'amphithéâtre Copernic au colloque "Il était une fois l'Université de Caen Basse-Normandie"à l'occasion du 50e anniversaire de sa reconstruction. Notre confrère Jean Laspougeas fait un exposé sur le thème "Entre réformation et suppression: l'université de Caen de 1786 à 1791". Notre autre confrère Pierre Brunet, évoque, pour sa part, "La chaire de géographie" .
- Le 8 - L'Académie invitée par Mme le Conservateur de la section Sciences de la bibliothèque universitaire et par la Société Linéenne de Normandie à l'inauguration de l'exposition "Linné et la biodiversité" dans les locaux de la bibliothèque scientifique, Campus 2 Côte de Nacre.
- Le 11 - A l'initiative de M. Jean-René Vicet, inspecteur d'Académie, directeur des Services départementaux de l'Education nationale du Calvados et de Mme Brigitte Le Brethon, maire de Caen, l'Académie invitée à la présentation des travaux "L'école au musée" réalisés par des élèves des établissements scolaires des ZEP de la Grâce de Dieu et de la Guérinière ainsi que du réseau Ambition Réussite du Chemin-Vert.
- A l'occasion de la fête de la Science, l'Association Astrogène invite notre confrère Yvon Bénard à la salle polyvalente de Deauville pour s'exprimer, en tant que pneumologue honoraire, sur "L'oxygène".
- Le 13 - Notre confrère Jean Malraye représente l'Académie à la finale télévisée du Grand prix européen de piano Via do Perlemuter remporté par le Français Romain Descharmes dans le grand auditorium du Conservatoire national de Région à Caen. Cette finale est placée sous la présidence de M. Jan Figel', commissaire européen à la Formation et à la Culture, de Mme Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, de M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes ainsi que des ambassadeurs du Portugal, de Bulgarie, de la République Fédérale d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie, de Grèce, du chargé d'affaires de Pologne, des maires de Caen, Hérouville Saint-Clair et Ouistreham et du président de la Communauté d'agglomération de Caen-la-Mer.
- Conférence publique de M. René Hénane, médecin général inspecteur de l'armée française en retraite et écrivain: "La poésie d'Aimé Césaire".
- Le 15 - Neuvième rencontre informelle entre la Commission administrative et trois nouveaux membres associés: Mme Silvia Fabrizio-Costa, MM. Xavier Alexandre et Bernard Legrand.


- Les 16 et 17 - L'Académie invitée au colloque organisé par le Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), salle Vasari, à Paris.Thème du colloque: "Les publications des sociétés savantes à l'ère du numérique" .
- Le 18 - A l'occasion de la création d'Il Sant' Alessio, de Stefano Landi, au théâtre de Caen, notre confrère Jean-Jacques Bertaux, ancien conservateur du musée de Normandie, prononce une conférence évoquant "La légende de Saint Alexis".
- Du 18 au 21 - L'Académie participe au 42e congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie à Louviers. Communications, le 18, de notre consœur Jacqueline Musset sur "Les voies de communication dans le «département» de Caen en 1788"; le 19, de notre confrère Vincent Juhel (avec Françoise L'Homer) sur "Nikolaus von Popplau au Mont-Saint-Michel en 1485, voyage et itinéraire d'un chevalier silésien en France à la fin du XVe siècle"; le 20, de notre confrère Yves Lecouturier sur "La route postale de Paris à Cherbourg" .
- Le 22 - Première réunion du comité de pilotage du salon du livre de Caen 2008, salle de la Légion d'honneur à l'Hôtel de Ville. Il se tiendra sur le thème: "Aux sources du savoir" les 24 et 25 mai.

Novembre

- Le 1 - Sous l'impulsion de notre confrère Jacques Avoine, président des deux associations, la fusion entre la gestion de la réserve naturelle géologique du Cap romain et celle du Patrimoine géologique de Normandie (APGN) devient effective. L'APGN regroupe l'université de Caen, le bureau de recherches géologiques et minières, les réserves naturelles de France, l'association régionale académique des professeurs de biologie-géologie, la Société Linéenne de Normandie, le musée d'histoire naturelle du Havre et les communes de Bernières et Saint-Aubin-sur­Mer.

- Le 3 - Conférence publique supplémentaire avec Mme Annelie Jarl Ireman sur "Grieg et son temps". Des extraits d'œuvres musicales sont diffusés.


- Le 4 - Dans le prolongement de cette conférence, début, à la salle des fêtes de Biéville­ Beuville, du festival de la musique
européenne consacré à la Scandinavie, à l'occasion du centenaire de la mort de Grieg et du cinquantenaire de la mort de Sibélius, par l'ensemble orchestral Capriccio sous la direction de notre confrère Jean Malraye et auquel l'Académie accorde son partenariat. Six concerts s'échelonnent en divers endroits de la ville de Caen jusqu'au 18 novembre.


- Le 10 - Parmi une centaine d'écrivains, quatre des nôtres: Vladimir Fédorovski, Michel Giard, Bernard Gourbin et Robert Sinsoilliez participent dans les salons de la présidence du Sénat, à Paris, au 77e après-midi du Livre de l'association des Ecrivains Combattants, placé sous le haut patronage du Président de la République.
- Le 12 - Nombre d'entre nous assistent, au cimetière Saint-Gabriel, à l'inhumation de notre consœur Mme Josée Berthault, artiste peintre, professeur honoraire de Lettres et membre titulaire de notre Académie.
- Réunion de la Commission administrative.
- Du 12 au 25 - L'Académie invitée, à Caen et en région, aux diverses manifestations du XVIe festival Les Boréales.
- Le 16 - Participation de l'Académie à la réunion préparatoire du Comité scientifique de l'Université d'été de la paix, à l'hôtel de ville de Caen. La prochaine Université d'été - cinquième du nom - se déroulera du 6 au 19 juillet 2008.
- Le 17 - Conférence privée de notre collègue Frère Dominique Dauzet: "Les archives diocésaines de Bayeux et Lisieux: promenades inattendues".
- Election de deux nouveaux membres associés correspondants: MM. Prudent Philouze, médecin accoucheur honoraire (parrains: Bernard Gourbin et Yvon Bénard) et Edmond Thin, écrivain, directeur honoraire du commerce et du développement local à la CCI centre et sud Manche (parrains Bernard Gourbin et Jacques Moulin).
- Le 28 - Dixième rencontre informelle entre la commission administrative et les deux derniers nouveaux membres associés agréés: MM. Prudent Philouze et Edmond Thin.

Décembre

- Le 8 - Conférence publique de notre confrère le docteur Yvon Bénard: "Histoire controversée de la découverte de la pénicilline".
- A l'issue de cette conférence, remise par notre consœur Jacqueline Musset, présidente du jury, du prix littéraire de l'Académie à la lauréate 2007, Mme Ilbong Pak Chong-ja pour son ouvrage: "Le voyage d'une artiste coréenne en Normandie" (éditions Ouest-France). Un chèque de 1000 €, offert par la Caisse d'Epargne de Basse-Normandie, récompense la lauréate. Un vin d'honneur clôt la cérémonie.
- Les 8 et 9 - En l'absence du président Gourbin, empêché, nos collègues Claude Roche, secrétaire perpétuel, et Jacques Moulin, président des Amis de l'Académie, participent à Paris, à la Conférence des Académies des Sciences, Lettres et Arts. A l'occasion du colloque organisé sur le thème: "La Nation française", notre confrère le professeur honoraire Jacques Boyer présente en séance publique une communication sur le débarquement de 1944: "Opération Overlord".

Le 14 - Banquet annuel de l'Académie.
- Le banquet est précédé d'une conférence privée de notre collègue Marcel Weyant sur le thème: " Maria Sibylla Merian (1647-1717), une naturaliste et une grande artiste injustement méconnue". Au cours du repas, le président dresse le bilan de ses deux années, distribue La Gazette de Noël et le livre des Mémoires de l'année 2006. Le tout est suivi d'un concert de harpe par notre nouvelle consœur, Mme Bertile Fournier-Huguet.




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Nouveaux membres associés-correspondants

Qui sont-ils?

Elisabetta Limardo-Daturi. A Gènes, sa ville natale, elle étudie les langues anciennes, l'histoire grecque et latine, la littérature italienne, l'archéologie grecque et romaine ainsi que l'histoire de l'art et les techniques artistiques. A une première thèse en Italie sur les Sources hébraïques dans l'iconographie d'Esther, succède à Paris une thèse de doctorat, toujours sur l'iconographie de l'histoire d'Esther. Après un passage à Mantoue puis à Paris, elle enseigne, depuis 2002, à l'université de Caen, l'italien ainsi que l'histoire de l'art et de l'illustration. Elle est aussi traductrice (parrains: Jean Colin et Christian Dereims).

Marie-Thérèse Valla-Lequeux. Originaire de Lisieux, elle passe sa thèse de docteur en médecine à Paris. Elle exerce, en qualité de pédiatre qualifiée et pédopsychiatre, à l'Hôpital des Enfants Malades dans le service du professeur Debré puis, avec une formation psychanalytique, au Centre international de l'Enfance. On la connaît surtout à Caen, de 1954 à 1992, comme médecin directeur du Centre de guidance. Elue, en 2001, vice-présidente de l'Association de Sauvegarde, elle se signale, notamment, au sein de l'Observatoire régional de la santé et à la présidence de l'Association "Echanger autrement" (parrains: Bernard Gourbin et Gérard-Guy Mouche!).

Jean-Paul Lefebvre-Filleau. Lieutenant-colonel de gendarmerie en retraite et écrivain, il habite Luc-sur-Mer. Les enquêtes judiciaires, la lutte anti-terroriste, le renseignement, la sécurité nucléaire, la formation des officiers de police judiciaire et la protection des hommes d'Etat marquent d'abord sa carrière. Celle-ci se poursuit au sein des compagnies de gendarmerie de Seine-Maritime et d'Ile-de-France, puis à Rennes et Caen. Membre du collège des ceintures noires de France et diacre de l'église orthodoxe. Il est auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont un Maupassant, "fils" de Flaubert couronné par notre Académie (parrains: Bernard Gourbin et Jacqueline Musset).

Franck Lelièvre. Professeur agrégé de philosophie à Amboise puis au lycée Alain à Alençon, professeur en classes préparatoires aux écoles de commerce au lycée de Gaulle à Caen, président de la Régionale des professeurs de philosophie de l'Enseignement public, organisateur des stages de la formation continue à destination des collèges du second degré, co-créateur et vice-président de la Société normande de philosophie, membre du CA de la Maison de l'Europe et de Basse-Normandie, on lui doit plusieurs publications et articles dans des revues philosophiques. Il demeure à Fontaine-Etoupefour (parrains: Michel Brethenoux et Jean-Louis Dumas).

Jean Migrenne. Professeur agrégé d'anglais après des études secondaires à Bernay et Lisieux et des études supérieures à l'université de Caen, il entre en fonctions au Lycée Malherbe en 1965. Il y poursuit sa carrière dans les classes préparatoires et la termine en Lettres et Première supérieure. Chargé de cours à l'Université, il fut traducteur en anglais au Mémorial de Caen. Traducteur de poésie anglaise, il est membre du comité de lecture du CRL. En retraite depuis juin 2000, il s'intéresse à la recherche généalogique et aux collections de fossiles du Bajocien (parrains: Claude Roche et André Heintz).

Michel Giard. Diplômé de l'Ecole supérieure de commerce de Rouen, il a effectué l'ensemble de sa carrière dans une multinationale à Paris, et a séjourné, à ce titre, en Côte d'Ivoire, au Gabon, dans les DOM-TOM et le Sud-Est asiatique qu'il connaît bien. Il est aussi écrivain, spécialiste, entre autres, de l'histoire maritime, l'un de ses 27 livres publiés à ce jour: SOS sauveteurs en mer restant une référence en la matière. Ila co­écrit Les Mousses avec notre confrère Gilles Henry. Membre de la Société des auteurs de Normandie, de la Société des Gens de lettres et de l'Association des Ecrivains combattants (parrains: Bernard Gourbin et Gérard-Guy Mouche!).

Richard-John Evans. Sujet britannique, il s'est retiré à La Chapelle-En juger (Manche). Parmi ses emplois majeurs en Grande-Bretagne, il s'est vu confier la direction, le développement et la planification de cinq établissements post-scolaires. L'un, très réputé, accueillait jusqu'à 14000 élèves, plus un personnel de 250 personnes avec un budget annuel de 6 millions d'euros. Ancien de l'université de Londres et de Wales, il a appartenu au British Institute of Management, à la Royal Society of Arts et à la Chambre de commerce d'Andover. L'informatique et les voyages le passionnent (parrains: Bernard Gourbin et Jean-Louis Dumas).

Jean-Pierre Le Fèvre. Artiste-peintre né à Caen, il fut l'élève de Louis-Edouard Garrido à l'école des Beaux-Arts. Educateur auprès d'enfants caractériels à l'Institut National supérieur de chimie industriel à Rouen puis au CDE de Canteleu. Réside depuis 1973 à Saint-Lô. Ami de nombreux peintres: Friboulet, Marin-Marie, Lefranc, Le Bihan, Lemaître ... et de nos collègues Letellier et Thomas. Ancien président des artistes Bas-Normands. Près de 400 expositions en Normandie et à travers le monde: Paris, New-York, Tokio, Osaka, Danemark, Espagne, Suède, Suisse, Belgique, Allemagne, Grande-Bretagne (parrains: Jean Malraye et Mareike Wolf-Fédida).

Elisabeth Halbout-Cohen. Enseignante d'anglais avant de devenir auteur et publiciste, elle demeure à Frênes, dans l'Orne. Pratique également l'allemand, l'espagnol et l'italien. En février 2000, elle organise, seule, une mission humanitaire au Burkina Faso. Son premier livre autobiographique Trente neuf ans de secrets est préfacé par le comédien François Morel, son voisin originaire de Tinchebray. Crée en avril 2007 une revue littéraire trimestrielle nationale: Livres en vie qui a pour but de promouvoir les Salons du Livre (dont elle dresse un agenda) ainsi que la vie littéraire en France et à l'étranger. (parrains: Bernard Gourbin et Jacqueline Musset).

Bertile Fournier-Huguet. Premier prix de harpe au Conservatoire national supérieur de musique de Paris à l'âge de 17 ans, elle bénéficie de l'enseignement de deux harpistes éminentes: Henriette Renie et surtout Lily Laskine dont elle est la légataire universelle. Son engagement comme harpe solo pendant 37 ans à l'orchestre Lamoureux lui valut de jouer à l'étranger sous la direction de grands chefs tels Igor Markevitch, Charles Munch et Léonard Bernstein. Fondatrice de l'association des Amis de Lily Laskine, elle enseigna au Conservatoire européen, à la Schola Cantorum et au Conservatoire du centre de Paris (parrains: Jacques Belin et Jean Malraye).

Serge G. Sochon. Ingénieur du pétrole chez Dowell-Schlumberger puis dans le groupe Hugues Services, ingénieur en normalisation à l'AFNOR dans le domaine de l'aluminium et des métaux ferreux et non-ferreux. Retiré à Maule (Yvelines), il restaure sa vieille ferme familiale à Blonville-sur-Mer. Délégué général du Mouvement Normand, vice-président pour le Calvados des Normands de Paris, membre des Amis de Beaumont-en-Auge, on lui doit des ouvrages sur la Normandie, principalement un Pierre-Simon Laplace, un savant issu des Lumières en 2004. (parrains: Jean-Louis Dumas et Jean Malraye).

Simone Fehlmann. Inspecteur d'Académie honoraire, toute sa carrière s'est déroulée dans les Académies de Rouen et Caen, sa ville natale, d'abord comme inspecteur de l'enseignement technique puis comme inspecteur pédagogique régional. Coordinateur des langues vivantes, on lui doit la création de l'enseignement du chinois et le soutien des langues rares. On lui doit aussi des publications sur la recherche linguistique et pédagogique, la diversification des langues ainsi qu'un projet européen: le Porfolio Européen des langues en 2001 et en 2005 (parrains: Jacques Moulin et Jean-Louis Dumas).

Dominique Le Bras. Breton du Morbihan, il est procureur général de la République à Caen après avoir été substitut à Nantes, procureur à Alençon et à Nevers, avocat général à la Cour d'appel puis procureur de la République près le tribunal de Grande instance d'Amiens. Il s'est beaucoup intéressé à la formation des avocats et au droit pénal général. Lieutenant-colonel de réserve honoraire, auditeur de l'Institut des Hautes études de Défense nationale, président de la Conférence des procureurs de la République, membre de la commission d'avancement de la magistrature (parrains:
Jean-Pierre Marin et Bernard Blanchard).

Xavier Alexandre. Breton de Rennes, il fit ses études au collège-lycée Saint-Vincent puis à l'université de Bretagne. Sorti de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, il fut d'abord journaliste à La Voix du Nord (Dunkerque et Lille) avant d'entrer à Ouest­France au siège, à Rennes, puis dans plusieurs "locales" bretonnes. Il a pratiqué toutes les rubriques, sauf deux: l'agriculture et le sport. A Caen, où il a passé l'essentiel de sa carrière, il est en charge du secteur culturel depuis 1991. Il a aussi collaboré à France­Soir, au journal économique Les Echos et à La Croix de 1976 à 2005 (parrains:Bernard Gourbin et Jean-Marie Lepargneur).

Silvia Fabrizio-Costa. Professeur de langue, littérature et civilisation italiennes à l'université de Caen, elle débute en 1975 comme professeur de d'italien, de latin et d'histoire à Ravenne et Florence puis dans le lycée italien Léonard de Vinci-Paris, au lycée international de Saint-Germain-en-Laye, au centre culturel de la Mission catholique italienne-Paris, à l'école Claude Bernard-Paris, enfin auprès de la firme Ariston. Elle est ensuite chargée de cours à l'université Paris VIII et à la Sorbonne Nouvelle. On lui doit 13 ouvrages et une collaboration à une cinquantaine d'autres (parrains: Alain Goulet et Gérard-Guy Mouchel).

Bernard Legrand. Docteur en droit comparé franco-allemand après une scolarité au Lycée Malherbe puis à la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Caen, il entre dans le secteur des assurances. Directeur du bureau central français des Sociétés d'assurance, puis directeur de l'Association française des Sociétés d'assurance, on le trouve ensuite directeur général adjoint du Comité Européen d'assurance dont le siège est à Bruxelles. Retraité, il partage son temps entre la présidence du comité départemental de la Prévention routière et l'histoire normande (parrains: Jean-Pierre Bernard et Jean-Marie Lepargneur).

Prudent Philouze. Rennais, il fait ses études secondaires chez les Eudistes et ses études médicales à la Faculté de médecine de Rennes. Installé à Saint-Lô comme médecin généraliste accoucheur, il exerce jusqu'à sa retraite en 1996. Médecin commandant des sapeurs-pompiers de Saint-Lô pendant 21 ans. Depuis sa maison de Saint-Clair-sur-Elle, il s'implique fortement dans l'humanitaire, en Roumanie dès 1991, (convois de médicaments, formation d'un médecin gynécologue et d'un jeune médecin), à Madagascar depuis 1998 (dispensaire, classes primaires, parrainages d'enfants scolarisés, micro-crédits) (parrains: Bernard Gourbin et Yvon Bénard).

Edmond Thin. Issu d'une vieille famille du Cotentin, ingénieur agricole et chercheur en sciences humaines, il fait ses humanités au lycée Janson de Sailly, à Paris. D'abord consultant dans un bureau d'étude national, il devient directeur du commerce et du développement local à la CCI centre et sud Manche. Maire adjoint de Granville pendant 9 ans, créateur de l'Office culturel de Granville, puis premier adjoint au maire de Saint-Vaast-Ia-Hougue où il demeure, il est le créateur, dans cette ville, d'un Festival du livre réputé. Lui-même est un auteur spécialisé dans l'histoire maritime normande et les fortifications (parrains: Bernard Gourbin et Jacques Moulin).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les nôtres publient...

- Michel Brethenoux, Reine-Marie Paris, Dominik Rimbault: Les Claudel, Camille et Paul. Il s'agit des Actes du colloque de l'Association culturelle du Razès qui eut lieu en juin 2006, en l'abbaye de Villelongue, et qui sont ici rassemblés dans le Cahier 44, année 2007. Centré sur Camille, la seule femme a avoir marqué la sculpture contemporaine, ce colloque témoigne de la volonté des auteurs d'aborder les mystères de cette destinée. Textes, documents et illustrations transcrivent des faits, des témoignages et des questionnements signés par la petite-fille de Paul, par la réalisatrice d'un film sur Camille et par Michel Brethenoux, notre confrère claudélien, auteur d'une conférence, Entre enfer et génie, devant notre Compagnie, en 2006. (En souscription auprès de l'Association culturelle du Razès).

- Vladimir Fédorovski: Le fantôme de Staline. Non, ce n'est pas le "roman" de Staline, c'est sa vie. Ahurissante de cynisme, de froide cruauté et de démesure paranoïaque. En contre-point du récit, les démêlés de l'auteur du Docteur Jivago avec le pouvoir soviétique: un mode narratif original, donc, de la part de notre collègue mais qui n'altère en rien la rigueur biographique. Mêlant le documentaire et l'anecdote, Vladimir Fédorovski décrit le système totalitaire soviétique d'une façon terriblement saisissante. A faire froid dans le dos. Pour en conclure que Staline n'est pas mort. Et pour finir sur la thèse accusatrice de l'auteur: au tribunal de ses vingt dernières pages est convoqué le "tsar" Poutine, coupable de panslavisme monarcho­ stalinien. Un fantôme au Kremlin! (Editions du Rocher).

- Gam: Au temps compté. Ce temps compté (conté ?), serait-ce donc le vent? «Le vent est partout, nul ne le voit mais il est, alors crois au vent» nous dit notre consœur au dos de ce petit recueil d'une cinquantaine de pages. La couverture, comme à chaque fois, est délicate et recherchée, nous montrant une coupe en forme de pêche de longévité (période Siouan-Te, 1426-1465). En exergue, et en une phrase, elle nous explique comment elle habille les trente neuf textes poétiques ici rassemblés: «De si pauvres instants vécus/En princes les avons vêtus», écrit-elle. Un style féminin bien que vigoureux, une inspiration nostalgique mais aussi de la volupté lorsqu'elle trouve "dans le creux d'une aisselle humaine la respiration humide du bonheur". Et ce ne serait pas du vent si «les gouttes de pluie se faisaient graine d'hommes» ! (Editinter).

- Michel Giard: Sauveteurs en mer, Bretagne. Pour fêter le quarantième anniversaire de la SNSM, notre nouvel ami Michel Giard, Normand de la région parisienne mais davantage encore de la commune des Pieux, raconte en 160 pages avec illustrations, une tranche de la vie des sauveteurs bretons - histoire, portraits, grandes interventions - à travers les seize stations bretonnes des veilleurs de la mer, de Saint-Malo à l'Aber-Wrac'h, d'Ouessant à Etel. Ce sont des hommes toujours prêts à sauter dans leurs bottes quand la mer se fait terrible et que des embarcations ne sont plus que des brindilles sur l'eau. Et cela dure depuis 150 ans. Ce livre est le premier d'une série puisque viendront ensuite les sauveteurs de l'Atlantique puis ceux du Pays basque, de la Méditerranée et de la Corse. (Editions Alan Sutton).

- Yves Lecouturier: Phares et sémaphores en Normandie. C'est la belle époque des phares et des sémaphores que nous conte notre ami Yves Lecouturier dans cet album de la collection "Images souvenir" illustré de 32 cartes postales, de Granville au Tréport. L'usage de feux permanents allumés est contemporain de l'essor de la navigation maritime, sans doute au IVe siècle avant J-C. Ce n'est pas toujours une vie plaisante pour les gardiens de phare et les guetteurs de sémaphores. Si le premier est civil et le second militaire, tous deux vivent en des points isolés du littoral. Certes les couchers de soleil sont magnifiques mais gardiens et sémaphoristes doivent affronter tout au long de l'année les rigueurs de la nature: froid, vent, pluie, tempêtes ... De nos jours, on en fait un lieu de promenade. (OREP, éditions).

- Robert Sinsoilliez: Prince Charles François Lebrun. Qui donc s'en souvenait? Cet homme méconnu, que notre nouveau confrère s'attache à mettre en lumière, est à l'origine de la Cour des comptes dont on fêtait cette année le bicentenaire de la fondation, d'où une belle préface de ce livre signée Philippe Seguin, son actuel Premier président. Rien pourtant ne prédisposait Charles-François Lebrun, né dans un modeste hameau de Saint-Sauveur-Landelin (Manche), à parvenir au sommet du pouvoir. Modestie, probité, amour du travail, sens de l'Etat le caractérisaient autant que son franc-parler. Il lui a suffi de rencontrer quelques hommes providentiels: Maupéou, Napoléon, Louis XVIII pour devenir troisième Consul, architrésorier de l'Empire, prince ... (Editions Eurocibles).

- Edmond Thin: La ville est belle, Granville, citadelle de la mer. L'auteur, tout nouveau au sein de notre Compagnie, est Manchois d'origine et Granvillais d'adoption, bien que demeurant à Saint-Vaast-la-Hougue, son port d'origine. "Granville, déclare-t-il, a une authenticité que l'on retrouve rarement ailleurs". Il ajoute: "Quand on a vécu 25 ans dans une ville, il en reste toujours quelque chose". D'où l'hommage rendu à cette Citadelle de la mer dont il décrit, sorte d'encyclopédie fort joliment illustrée, toutes les particularités: ports, pêche, architecture, traditions, personnages ... Ecrivain, Edmond Thin, s'en tient, dans tous ses ouvrages, à ses domaines de prédilection que sont la mer et l'histoire maritime. Une halte à Granville s'imposait. Grâce à lui, on aime un peu plus la cité corsaire. (OREP éditions).

- Henri Thomas

L'univers fantastique d'un prix de Rome de peinture
Un vrai cadeau de Noël que ce livre-biographie de 291 pages, illustré de très nombreuses reproductions, que deux journalistes d'Ouest-France - Pierre Cavret pour le texte et Jean-Yves Desfoux pour les photos - ont consacré à Henri Thomas, notre ami peintre et sculpteur du Moulin Foulon, à Cully. On y découvre au fil des pages, le roman de sa vie et la richesse de son œuvre réveillant la richesse du regard. Il est paru aux éditions Cheminements. La présentation officielle de ce beau livre d'art s'est faite le 12 décembre au Conseil Régional Basse-Normandie.



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Le prix littéraire de l'Académie

L'Académie montre, en cette fin d'année, qu'elle est aussi une académie des arts. Après le beau livre consacré à notre collègue artiste, Henri Thomas, voici qu'à son tour, notre prix littéraire 2008 est décerné à une artiste peintre coréenne, Pak Chong-ja, pour son ouvrage: Le voyage d'une artiste coréenne en Normandie, paru aux éditions Ouest­France. Là encore, un beau cadeau de Noël.




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LES REVUES DES ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES

Depuis quelques années, les revues reçues ne circulent plus pendant nos séances privées. C'est, en effet, fort désagréable pour le conférencier de voir l'auditoire se désintéresser de ses propos. Mais du coup, ces revues tendent à être ignorées, n'étant plus feuilletées que par M. Dumas et moi-même. Si un article paraît correspondre aux centres d'intérêt d'un confrère, nous lui signalons, mais ne pouvons prétendre à l'exhaustivité.

Si donc vous pouvez passer un matin par l'Académie, ou encore un lundi ou mardi après-midi, n'hésitez pas à venir les consulter. Les revues sont classées dans l'ordre alphabétique des villes: d'Abbeville à Bordeaux à l'entrée; de Cambrai à Clermont, puis de Dijon à Dunkerque et de Grenoble à Montauban dans trois étagères en bois au fond à gauche de la troisième salle; de Montbéliard à Vitry-Ie­ François au mur du fond. Par exception, les sociétés de Basse-Normandie (Alençon, Avranches, Annales, Antiquaires, Bayeux, Cherbourg, Études Normandes, Trouville) sont regroupées dans la quatrième étagère en bois. Les sociétés de Haute Normandie se trouvent en revanche à leur place dans la première série (Le Havre, Paris pour la Société Léopold Delisle, enfin Rouen).

Claude ROCHE

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Les récentes communications

par J-L Dumas

Le 16 juin: "La question de la vérité dans les religions" par M. Joseph Maalouf. On peut distinguer plusieurs voies d'accès à cette question épineuse: l'appui théologique et philosophique de la vérité; une stratégie exclusiviste parce que dog­ matique; une stratégie inclusiviste (cf «les chrétiens anonymes»); la stratégie du pluralisme édulcoré; la stratégie œcuménique (Hans Küng). En conclusion, une purification de mémoire s'impose, purification du langage, purification de l'intelligence. Cela signifie une conversion.



Le 22 septembre: "L'histoire du papier-monnaie" par M. Philippe Mugler. Ancienneté du papier-monnaie. Particulièrement inventifs, les Français ont fait des expériences mémorables: une importante manipulation monétaire sous Louis XIV; l'échec de l'expérience de Law; les "assignats" de la Révolution; les "mandats territoriaux" du Directoire; les "billets de la Banque de France" depuis 1809. M. Mugler donne des chiffres impressionnants concernant les volumes d'émission. Quant au faux-monnayage, c'est «une activité économique comme une autre» où l'inventivité se déploie.

Le 13 octobre: "La poésie d'Aimé Césaire" par M. René Hénane. Césaire a su opérer la fusion de cultures dissemblables et œuvrer pour une universelle fraternité. Sa langue est admirable et déroutante. C'est une poésie initiatique, mais elle a une cohérence fondamentale. Elle est très charnelle et ne s'écarte jamais du concret. Elle se veut une parole essentielle, une arme miraculeuse. Césaire assure un double rôle: la chute (ressentiment, cri imprécatoire du rebelle), l'envol (espérance, jaillissement, apothéose de la négritude). On a pu lui reprocher l'anathème, la dénonciation, le bouillonnement océanique. Mais on trouve aussi chez lui la compassion, le lyrisme, l'amour.

Le 3 novembre: " Grieg et son temps" par Mme Annelie Jarl-Ireman. Conférence avec audition d'œuvres musicales et projections de diapositives. La Norvège, après «la nuit des 400 ans» connaît, au XIXe siècle l'essor d'un sentiment national dans lequel Edvard Grieg sera impliqué. Né à Bergen en 1843, il trouve sa voie en 1864­ 1865 (Sonate opus 7, Sonate opus 8). Ses œuvres s'élaborent dans le creuset de la poésie folklorique et de la vie populaire norvégienne. Pianiste remarquable, il est un grand compositeur. Nul n'ignore la musique de Per Gynt, le drame d'Ibsen. A sa mort en 1907, sa popularité est immense. Il avait ouvert la porte à la musique classique nordique. Mais il transcende le national vers l'universel: «Il faut avant tout être humain; tout art véritable naît de ce qui est humain.»


Le 17 novembre: "Les archives diocésaines de Bayeux et Lisieux: promenades inattendues" par Frère Domnique-Marie Dauzet. Le statut de l'archiviste diocésain n'est pas défini canoniquement. Du fait de la Révolution, les diocèses ne sont en possession de leurs archives que depuis 1802. Ce service fait partie de la chancellerie de l'évêché. Dans le diocèse de Bayeux, la succession des archivistes a connu des interruptions. L'archiviste a un rôle spécifique: ce n'est pas l'historien, c'est un passeur; il transmet mais n'étudie pas. Ces archives contiennent: les registres de catholicité, les fonds de paroisses, les papiers individuels des évêques et de certains prêtres. L'archiviste diocésain doit se mettre à la disposition des chercheurs, cela fait partie de «l'accueil pastoral».






Rencontres-débats des Amis de l'Académie


Le 25 mai: "Une expérience vécue de la vie publique: rester soi-même" par Jean­ Marie Girault. Rester soi-même n'exclut pas le changement: «l'homme ne change pas, il devient». Mais il faut d'abord se construire. Aussi, M. Giraud évoque-t-il sa formation. La vie municipale et politique est chez lui guidée par deux impératifs: rester collé aux réalités quotidiennes, s'occuper des autres. Il s'est appliqué à déléguer. Rester soi-même passe par le partage de la réflexion. L'ancien maire de Caen a appris à être un homme libre en juin 1944, membre à 18 ans des Equipes d'urgence. D'où l'idée du Mémorial.

Le 15 juin: "L'origine et la structure ultime de la matière" par M. Yves Schutz. Qui sommes-nous? Pas grand-chose. Nous sommes faits de vide; nous sommes nés de poussières; nous sommes «immatériels». Ce vide est constitué de particules et d'anti-particules dans un état virtuel et fluctuant; il est vibrant de créations et destructions continuelles. Dans l'univers, la place de la matière est limitée. Il faut tenir compte de la «matière sombre exotique» et de «l'énergie sombre» ou énergie du vide. La progression de la connaissance exige que l'on attribue à l'univers un plus grand nombre de dimensions. Pour mieux comprendre l'infiniment grand, il conviendrait de se rapprocher des conditions du Big Bang. M. Schutz expose le rôle, la méthode et les projets du C.E.R.N.

Le 19 octobre: " Et si vous faisiez connaissance de votre mairie ?" par M. François Valembois. Une mairie se veut au service du public, en contact avec la population. Ses activités sont multiples: c'est «l'entreprise aux cent métiers». Le maire doit faire face à une triple demande: tout, tout de suite, gratuitement! Mais il faut faire des choix. Un choix doit être global, cohérent, évolutif. D'où un programme pertinent au niveau technique, réaliste au niveau financier, efficace au niveau politique. Mais tout a un coût. M. Valambois énumère tous les secteurs d'activité de notre municipalité. Il se termine sur un schéma figurant la mairie de Caen en 1897, 1987,2007.

Le 16 novembre: "Le commerce extérieur dans notre région" par Mme Françoise Lubeau. Avec la suppression de tant de frontières, quel est le rôle des douanes au XXIe siècle? Un bref rappel historique s'impose. L'origine de la douane remonte à Colbert et à sa volonté d'unification. De nos jours, la Communauté européenne est d'abord une union douanière. Le code des douanes est communautaire. Les missions de la douane sont: fiscales; de protection et de sécurité; de soutien à la compétitivité. L'organisation comporte en Basse-Normandie les deux divisions de Caen et Saint-Lô. Le commerce extérieur de notre région est faible. Nous aurons à répondre à plusieurs défis: 1. le projet de Bruxelles d'une dématérialisation totale des opérations. 2. l'emplacement du territoire français et de ses ports. La Basse-Normandie a encore peu de perspectives de développement.

Prochaines rencontres-débats de la saison 2008

Vendredi 21 décembre: Un grand homme de synthèse: Alexander von Humboldt (1769-1859), par M. Marcel Weyant, chercheur honoraire au CNRS.

Vendredi 18 janvier: La performance du réseau ferroviaire, par M. Jacques Frossard, directeur régional de la SNCF.

Vendredi 15 février: Les communications aériennes et maritimes en Basse­ Normandie et leur avenir, par M.Paul Spriet, ancien président de la Chambre de commerce de Caen.

Vendredi 28 mars: Médecine, médecins 1950-2000, par les Drs Jean Debelle, médecin généraliste, et André Valla, ancien Doyen de la faculté de médecine.

Vendredi 18 avril: Histoire controversée de la découverte de la pénicilline, par le Dr Yvon Bénard, pneumologue honoraire au CHU.

Vendredi 16 mai: La littérature norvégienne, par M. Eric Eydoux, professeur à l'Université de Caen.

Vendredi 20 juin: Le cycle du papier et son impact sur l'environnement, par Mme Annick Noël, agrégée de biologie-géologie, présidente du CREPAN.

(Les Rencontres-débats de l'Association des Amis de l'Académie ont lieu le vendredi, à 17 h, dans nos bureaux de l'hôtel d'Escoville, 1er étage)


 
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Le petit journal

Nominations: Mme Brigitte Le Brethon, maire de Caen, membre d'Honneur de notre Académie, a été nommée inspectrice générale de l'Education nationale par le Conseil des ministres. Agrégée d'économie, elle a enseigné dans le secondaire. - Mme Josette Travert, présidente de l'Université de Caen et, à ce titre, membre d'honneur elle aussi de notre Compagnie, a été nommée membre du Comité Economique et Social régional, ainsi que notre collègue Jacques Belin, directeur général du CID à Deauville, trésorier de l'Académie. Nos compliments à tous les trois.

Récompense: L'Académie des Sciences d'Outre-Mer vient d'attribuer son prix Robert Cornevin au livre-témoignage de notre confrère Jean-Pierre Marin: Au forgeron de Batna, dédié à son père. Ce prix est délivré à un ouvrage traitant de la décolonisation. Bravo.

Actualité littéraire: Bien qu'ayant des soucis de santé, notre ami Gilles Henry a une activité littéraire dense: quatrième édition (après 1988, 1994, 2000) de son Rabelais, chez Perrin - Troisième édition (après 1998 et 2004) de son Guide de généalogie, chez Solar - Une nouveauté: Quand l'Histoire nous est contée, aux éditions Christine, pour fin 2007/début 2008 - Enfin, à paraître en 2008 aux éditions Cheminements, un Caen insolite et mystérieuse. Bon courage.

     
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Histoire des Académies


V. Les membres fondateurs de la Société Académique de Cherbourg

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par Robert Lerouvillois (1)

Dissemblables, utopistes, plein d'illusions, mais animés par une même ardeur, celle de voir leur cité accroître sa réputation jusqu'à figurer, bientôt, parmi les villes normandes les plus notables, tels nous apparaissent les six membres fondateurs de la Société Académique de Cherbourg.

Par leurs professions et leur situation sociale, les trois premiers se distinguaient assez peu des personnalités qu'on rencontrait en pareil cas: l'abbé Pierre Anquetil acceptait d'assumer la responsabilité de directeur de la compagnie; François Delaville, médecin, se passionnait pour la botanique et la chimie; Pierre Fréret, sculpteur, était désigné comme «mécaniste et artiste de Cherbourg». Ce dernier, né en 1714, était le père des trois peintres Armand, Louis-Barthélémy et Pierre Fréret dit «le jeune». On lui doit la statue de la Vierge qui orne toujours l'église de Maupertus, la dalle tumulaire du bienheureux Thomas Hélye, à Biville, la chaire en bois de chêne de l'église de la Trinité et la fontaine en pierre sculptée dite «des Caveliers», à Cherbourg. Il invente, en 1768, un «demi cercle nautique propre à observer la hauteur du soleil par-devant et par-derrière, en mer et à terre». Il met au point un anémomètre, un horizon artificiel et un podo-sillomètre, instrument propre a mesurer le sillage d'un navire, et par là sa vitesse, d'où l'on pouvait déduire la distance qu'il avait parcourue, tout cela étant, bien sûr, très approximatif.

Par ce genre de préoccupations, nous touchons là au caractère maritime de l'activité de nombreux Cherbourgeois. Car ce ne fut pas sans raisons que les trois autres membres fondateurs de la Société Académique se trouvèrent faire partie de l'amirauté de Cherbourg: Thomas Groult, âgé de vingt-deux ans, accèderait trois ans plus tard, dès l'âge légal, aux fonctions de «conseiller procureur du roy en l'Amirauté de Cherbourg», dont il était déjà l'avocat du siège; Gilles-Pierre Avoyne, sieur de Chantereyne, était «inspecteur des fortifications et receveur de Mgr l'Amiral»; quant à Jean-Thomas Voisin, sieur de La Hougue, il occupait le poste de «professeur royal d'hydrographie et jaugeur de la Marine» pour le même Mgr Amiral. Voilà qui en dit suffisamment sur ce qu'allait être l'orientation beaucoup plus scientifique que littéraire ou philosophique des travaux des premiers académiciens cherbourgeois.

En effet, en 1755, la vocation maritime de la ville, longtemps négligée, était en train de s'affirmer. Les premiers grands travaux avaient commencé en 1739 sous la direction de Louis-Roland de Caligny, directeur des fortifications, places fortes et ports de Normandie. En même temps qu'on édifiait une première jetée pour stabiliser le cours de la rivière, puis des quais maçonnés permettant l'accostage des navires, l'ingénieur Pierre de Caux avait fait creuser un bassin à flots auquel les vaisseaux de guerre ou de commerce avaient désormais accès tandis, qu'enjambant une écluse au radier pavé, un pont tournant joignait les deux rives, grande innovation pour l'époque. Depuis 1742, les travaux étaient à peu près achevés. Au milieu du XVllIe siècle, l'expansion de la ville, si longtemps souhaitée, s'annonçait enfin.

C'était ignorer qu'en août 1758, un corps expéditionnaire anglais investirait le nouveau port, y incendiant trente-deux navires de commerce et détruisant méthodiquement à l'explosif l'ensemble des aménagements portuaires flambant neufs. Et qu'il faudrait attendre le début de la Révolution française pour voir le port de Cherbourg reconstruit à grand peine.

Les différents aspects du domaine maritime offraient naturellement aux nouveaux académiciens leurs sujets d'étude préférentiels. Le médecin Delaville - non sans s'adonner par ailleurs à la poésie - se passionnait à la fois pour la chimie et la botanique. Rien d'étonnant donc de le voir appliquer ses recherches aux procédés de fabrication des soudes tirées du varech. C'était le point de départ d'un artisanat que les habitants de la Hague pratiqueraient durant tout le siècle suivant.

Thomas Groult, lui aussi, était passionné de sciences naturelles mais ses fonctions à l'amirauté le portaient à s'intéresser aux sciences exactes, notamment aux mathématiques appliquées à l'astronomie. Licencié en droit de l'université de Caen et ancien élève du père jésuite André, membre de l'Académie de Caen et professeur royal de mathématiques au collège de Caen, Groult devînt un spécialiste dans le domaine choisi, établissant des lois de la marine dans les différentes nations, sans hésiter à étendre son étude aux civilisations anciennes. Ce travail imposant - pas moins de six volumes in-quarto, soit deux mille pages - devait être présenté en 1770 à l'Académie de Rouen dont Thomas Groult serait nommé peu après membre associé.

Les deux autres membres fondateurs, Pierre Avoyne de Chantereyne et Thomas Voisin La Hougue prirent conscience qu'il n'existait pour leur ville aucun équivalent de ce qu'avait écrit pour Caen l'évêque académicien Daniel Huet, à savoir une chronique historique de la cité. Aussi chacun d'eux résolut-il de s'y employer. Dès lors, les sujets d'histoire furent souvent débattus par la compagnie. L 'Histoire de Cherbourg, de Voisin La Hougue, est connue sous la forme d'un manuscrit s'arrêtant en 1728 et d'un autre fragment allant de 1736 à la mort de l'auteur en 1773. Quant au manuscrit de Pierre Chantereyne, le plus complet, il fut interrompu par le décès de l'historien en 1789 puis complété par son petit-fils qui fit imprimer le tout en 1873.

(à suivre)

(1) Conférence donnée la 4 juin 2005 à l'occasion du deux cent cinquantenaire de la Société nationale académique de Cherbourg par Robert Lerouvillois, professeur honoraire.


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