Moisant de Brieux 4

La fin de la vie du fondateur de l'Académie de Caen est assombrie par des deuils familiaux et par les souffrances liées à une santé délicate; la vie littéraire n'est même pas épargnée puisqu'en 1667, une discussion violente oppose Samuel Bochart, l'ami de toujours, à l'évêque d'Avranches : P.D. Huet, lui aussi son ami; brusquement Bochart s'effondre et meurt dans les bras de Moisant à 68 ans.

Peu à peu le poète se détache des biens de ce monde. En mai 1674, il succombe dans les suites post-opératoires d'une intervention pour la maladie de la pierre. C'est Halley, son vieux précepteur qui annoncera sa mort au Duc de Montausier; Moisant avait écrit :

"Mon âme, souviens-toi de ta haute noblesse
" Quittons, quittons la terre et contemplons les cieux."

Bayle jugeait Moisant de Brieux "le plus grand poète qui fut en France et fort versé dans les Belles Lettres; il est sans nul doute un excellent poète latin très apprécié de ses contemporains, sa poésie française apparaît un peu plus artificielle, mais certaines de ses lettres témoignent d'une verve et d'un esprit qui l'apparenteraient à Voiture.

Quoi qu'il en soit, le fondateur de l'Académie de Caen ne mérite pas l'injuste oubli dans lequel on le tient ordinairement et il devrait donc de figurer en place honorable dans les anthologies relatives au XVIIe siècle.

Des six enfants du couple Moisant, seul François, l'aîné ( qui se convertira lors de la Révocation de l'Édit de Nantes) aura postérité - féminine - encore représentée de nos jours.  

Temple de Caen construit en 1611 détruit à la Révocation de L'Édit de Nantes en 1685.

 Vie de Moisant de Brieux

1 2 3

Pour tout renseignement complémentaire, consulter dans les Mémoires 1996 la communication de Mr Michel de Pontville