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La GAZETTE
de l'Académie des Sciences,
Arts et Belles-Lettres de Caen
( n°15
- Eté 2006 )
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EDITORIAL
Que
vive l' Académie !
Cédant,
il y a deux ans, à l'insistante, bien que très aimable,
pression de la Commission administrative qui se cherchait alors un
vice-président, je découvrais, en acceptant le poste,
l'impérieuse sanction des statuts: le vice-président
a vocation à devenir président.
Je suis sensible,
bien sûr, à l'honneur que vous m'avez fait, malgré
cela, ma fierté se teinte de modestie quand je vois mon nom
s'inscrire à la suite de mes illustres prédécesseurs
depuis notre fondateur, Jacques Moisant de Brieux. Il me semble aussi,
dès l'instant où j'entrais dans notre Compagnie, en
1998, parrainé par Michel Godefroid et Jacques-Séverin
Abbatucci, que tout est allé très vite pour moi: la
titularisation d'abord, puis l'admission à la Commission administrative,
la vice-présidence et la présidence, tout cela en huit
années à peine... Je vais tout faire pour ne pas vous
décevoir tout au long de l'action que je compte entreprendre:
Développement.
Nous sommes un lieu de réflexion et de tolérance, n'hésitons
donc pas à nous entourer de gens de qualité. Merci d'avoir
si bien répondu au pacte passé avec chacun et chacune
d'entre vous. 21 académiciens et académiciennes nous
ont rejoints depuis le 1er janvier. Continuez à recruter, cependant
ne soyez pas misogynes, nous ne comptons que trois femmes nouvelles!
Ouverture
vers la société. Je souhaite que l'Académie
s'investisse davantage dans la ville, le département et la
région. Ce numéro de La Gazette, dont le contenu
a été renforcé, fait état de partenariats
divers - ce que j'appelle des "Labels". Après le
lauréat de notre prix littéraire fêté à
Deauville, après l'année Mozart à Caen, nous
interviendrons à Verson, en octobre, à l'occasion de
l'année Senghor.
Communication.
Je ferai en sorte que l'Académie ait un sens plus développé
de la communication et de l'utilisation des médias. Déjà,
le nom de l'Académie se lit sur les affiches, les programmes,
les cartons d'invitation. La presse, à son tour, répond
à nos appels.
Action
collective. Une nouvelle rubrique de La Gazette s'intitule:
"Ce que nous faisons". Créée exprès
pour vous, elle va vous permettre de juger le travail réalisé
par le «gouvernement» de notre assemblée, c'est-à-dire
mes conseillers, le Secrétaire perpétuel au premier
chef, bref, l'ensemble de la CA dont je remercie chacun des membres
sans négliger le secrétariat administratif que je salue
pour son efficacité.
Bernard
GOURBIN
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Ce
que nous faisons
Janvier
- Le 9 - Réunion
de la Commission administrative (dernière présidence
de Claude Roche).
- Le 14 - Elections
du nouveau président, Bernard Gourbin, du nouveau vice-président
Baptiste Leseigneur et du nouveau secrétaire perpétuel
Claude Roche. Le reste du bureau 2006/2007 ne change pas: secrétaire-adjoint
Jean-Louis Dumas, trésorier Jacques Belin, trésorier-adjoint
Guy Pelletier, présidente du comité du prix littéraire
Jacqueline Musset. S'y ajoutent deux conseillers du président:
Bernard Beck et Jean-Marie Lepargneur. Dans son allocution, le président
Gourbin souhaite que l'Académie s'ouvre plus largement vers
la société en accordant, notamment, son label à
un certain nombre de manifestations importantes. Le président
s'engage par ailleurs à développer largement les effectifs
et à ne pas augmenter la cotisation durant son mandat.

- Accueil de
deux nouveaux membres, Mme Monique Drouet et M. Michel
Brethenoux.
- Election
comme membres àssociés correspondants de Mme Marie-Laure
Gaunet, professeur honoraire de mathématiques (parrains:
Joseph Decaens et Claude Roche), de MM. Louis Bach, professeur émérite
de droit (parrains: Jacqueline Musset et Bernard Blanchard), et
Jacques Legendre, cadre retraité d'un groupe d'assurances
(parrains: Jean Collin et Gérard-Guy Mouchel).
- Conférences privées de Gérard-Guy Mouchel:
"Etude linguistique du mot euro" et de
Bernard Gourbin: " La rescapée caennaise du
Titanic".
Février
- Le 3 - Création
d'une documentation de synthèse sur l'histoire de l'Académie,
ses structures, sa composition, ses activités et ses perspectives.
Ce dossier de trois pages est destiné à la presse,
aux sponsors, aux collectivités locales ainsi qu'à
tout organisme ou toute personne avec lesquels nous sommes en relation.
- Le 7 - Conférence
de presse du président en présence de Claude Roche,
Baptiste Leseigneur et Jean-Marie Lepargneur. Compte-rendu avec
photos dans Ouest-France, Liberté, La Renaissance-Le
Bessin, La Voix du Bocage, Les Nouvelles de Falaise et
pays d'Auge.
- Le 11 - Conférence
publique par notre consœur Josette Bénard: "Eugène-René
Poubelle, illustrissime caennais méconnu et oublié".
- Le 12 - L'Académie
représentée au premier des concerts donnés
à l'occasion du 250è anniversaire de Mozart par l'orchestre
à cordes Capriccio, sous la direction de notre confrère
Jean Malraye, à la maison de quartier de Venoix.
- Le 13 - Réunion
de la Commission administrative.
- Transfert du compte de l'Académie de la Caisse d'Epargne
de Venoix à celle de la place Saint-Pierre et clôture
du compte de la Société générale désormais
transféré à la Caisse d'Epargne.
- Le 18 - Réception
au CID de Deauville de Christian de Bartillat, lauréat 2005
du prix littéraire de l'Académie, à l'invitation
conjointe de l'Académie, de la mairie et du Centre International
de Deauville.
Le 21 - L'Académie participe, aux côtés des
Amis du musée des Beaux-Arts, à la visite de l'exposition
sur la statuaire gothique (XIIIè-XIVè siècles)
des églises de la Manche, au musée Jean Lurçat
de Saint-Lô.

- Le 24 - Dans
une lettre, le président Gourbin passe un pacte moral avec
chaque académicien(ne) pour qu'il (ou elle) s'engage à
présenter au moins un filleul de qualité durant son
mandat ou, mieux,durant l'année en cours.
- L'Académie représentée au colloque sur l'Université
européenne, à l'Université de Caen.
- Le 27 - Remise
à jour par notre secrétaire administratif, Nicolas
Rajaomilison, du site internet de l'Académie
www.academiecaen-scabl.com en veilleuse depuis l'année
dernière.
Mars
- Le 1 - Extension
de la bibliothèque par l'installation (gratuite) de cinq
nouveaux rayonnages dans les bureaux de l'Académie.
Le 2 - Présentation
dans le cadre de l'abbaye aux Dames du nouveau livre de notre consœur
Selva Gourcy: Mathilde, femme de Guillaume, préface
de Pierre Bouet.

-
Le 3 - L'Académie représentée au vernissage
du 79è Salon des Artistes Bas-Normands, à l' Hôtel
de Ville de Caen.
Un hommage est rendu à son invité d'honneur, notre
confrère Robert Verger, qui en fut le président pendant
34 ans.

- Le
8 - L'Académie représentée à la soirée
d'ouverture, au CID, du 8è Festival du film asiatique de
Deauville.
-
Le 11- L'Académie représentée à la remise
de la croix d'officier de la Légion d'honneur à notre
consœur Josette Bénard par le sénateur René
Garrec , à l' hôtel de ville.

- Le 13 - Réunion
de la Commission administrative.
- Démission,
en raison de son grand âge et d'un manque de mobilité,
de M. François Gay, de Rouen, membre associé correspondant.
- Le 15 - Réception
au siège de l'Académie de MM. Carabie et Bruno, directeur
et directeur-adjoint de la Caisse d'Epargne de Basse-Normandie,
nouveau sponsor de notre Académie. Elaboration d'un protocole
de collaboration.
- Le 17 - Accueil
de Mgr Pican, évêque de Bayeux-Lisieux, dans le cadre
d'une conférence-débat des Amis de l'Académie
sur le thème: Le fait religieux aujourd'hui, dans
l'enseignement en France.
- Le 18 - L'Académie
représentée au 70è anniversaire du Rotary-Club
de Caen, à l'Hôtel Inn (ex Malherbe). Sept académiciens
de notre assemblée en font partie.
- Le 23 - Visite
de courtoisie du président Gourbin et du secrétaire
perpétuel Claude Roche au préfet du Calvados et de
Région, M. Cyrille Schott.
- Le 25 - Conférences
privées de notre consœur Françoise Bermann: "Conserver,
dit-elle" et de notre confrère Christian Huni:
A propos d'un petit livre d'Antoine Galland sur l'origine
et les progrès du café".
- Accueil de deux nouveaux membres, MM. Louis Bach et Jacques Legendre.
- Election comme membres associés de Mme Valérie Collot,
professeur de pharmacognosie (parrains: Christian Huni et Jean Moulin);
de MM. Francis Bénard, professeur émérite de
biologie (parrains: Yvon Bénard et Claude Roche); Alain Caubet,
maître de conférence au CHRU de Rennes (parrains: Bernard
Beck et Christian Huni); Jean-Pierre Marin, avocat honoraire (parrains:
Jacques Belin et Bernard Blanchard); François Ruffier, directeur
général adjoint en charge des finances, des services
juridiques et des marchés de la ville du Havre (parrains:
Michel Godefroid et Bernard Gourbin); Edouard Zarifian, professeur
émérite de psychiatrie et de psychologie médicale
(parrains: Yvon Bénard et Gérard-Guy Mouchel); René
Parisse, inspecteur départemental honoraire de l'Education
nationale (parrains Jean-Marie Lepargneur et Jean-Marie Monet).
- Présentation en séance des tomes 1 et 2 de L'Inventaire
régional des paysages de Basse-Normandie édité
par le Conseil régional de Basse-Normandie et la Direction
Régionale de l'Environnement sous la direction de notre collègue
Pierre Brunet avec la collaboration de Pierre Girardin.
Avril
- Le 15 - Conférence
publique de notre nouveau confrère Michel Brethenoux: "Camille
et Paul Claudel: enfers et génie".
- Le 24 - Une
subvention de fonctionnement de 1800 € attribuée à
l'Académie par le Conseil général du Calvados.
Mai
- Le 2 - Une
subvention de fonctionnement de 4 110 € (en augmentation) attribuée
à l'Académie par la Ville de Caen
- Le 3 - Rencontre
du président avec le maire de Verson. Elaboration d'un partenariat
entre la commune et l'Académie à l'occasion de l'Année
Senghor avec la présence du président Abdou Diouf
le 5 octobre 2006 et la participation de l'IMEC et de la Région
Basse-Normandie.
- Le 9 - Réunion
de la Commission administrative. - Réorganisation des télécommunications
du secrétariat au 3è étage: le fax désormais
branché sur une seule ligne avec le téléphone,
suppression de l'abonnement pro et mise en service du haut débit
sur le site internet.
Le 10 - L'Académie
représentée à l'assemblée générale
du Comité de Caen de la Légion d'honneur que préside
notre vice-président Baptiste Leseigneur. Seize de nos membres
titulaires et associés font partie de cette société
d'entraide ainsi que trois de nos membres bienfaiteurs.
- Le 12 - L'Académie
représentée à la cérémonie de
mise en place du Cippe marquant l'emplacement de l'ancien cimetière
de Beaulieu à Caen, une initiative due à notre confrère
Jean Collin.
- Les 13 et
14 - Stand de l'Académie au Salon du Livre de Caen "L'Aventure
humaine", enceinte du château. Six membres de l'Académie:
Adrien Goetz, Bernard Gourbin, Gilles Henry, Yves Lecouturier, Jean-Pierre
Marin et Edouard Zarifian, invités en tant qu'auteurs, participent
au Café littéraire et aux signatures sur le thème
de L'Engagement. Deux anciens lauréats du prix littéraire
de l'Académie, Elisabeth Coquart et Jean-Paul Lefebvre-Filleau,
également parmi les auteurs invités.
-
Le 18 - Partenariat de l'Académie à l'occasion de
la Grande messe en ut mineur K 427 interprétée dans
le cadre de l'année Mozart par l'orchestre symphonique Capriccio
dirigé par Jean Malraye, église Notre-Darne de la
Gloriette.
- Le 20 - Conférence
privée de notre consœur Marie-Thérèse
Colas des Francs: "Le Concordat dans
le Calvados".
- Accueil de six nouveaux membres: Mrne Valérie Collot, MM.
Francis Bénard, Alain Caubet, Jean-Pierre Marin, René
Parisse et François Ruffier.
- Election comme membres associés de Mme Mareike Wolf-Fedida,
professeur de psychopathologie à l'université Paris
VII (parrains Bernard Gourbin et Edouard Zarifian); MM Christian
de Bartillat, écrivain-éditeur (parrains Jean-Marie
Lepargneur et Jacqueline Musset); Albert Bonin, professeur d'espagnol
(parrains Jean-Louis Dumas et Gérard-Guy Mouchel); Régis
Cotrel, notaire à Saint-Lô (parrains Bernard Gourbin
et Bernard Pagnon); Robert Denis, professeur de musique (parrains
Christophe Coin et Jean Malraye); Gérard Dubuisson, éditeur
(parrains Jean-Marie Monet et Jean Malraye); Jean-François
Duhamel, professeur agrégé de pédiatrie (parrains
Bernard Blanchard et Yvon Bénard); Adrien Goetz, maître
de conférence en histoire de l'art (parrains Gérard-Guy
Mouchel et Claude Roche); Yannick Guillou, éditeur (parrains
Jean-Marie Monet et Jean-Marie Lepargneur); Louis Le Roch' Morgère,
archiviste départemental du Calvados (parrains Jacqueline
Musset et Jean-Louis Dumas); Denis Busardo, ingénieur (parrains
Claude Roche et Eckart Thomä).
- MM. François Jouan et Gabriel Langlois, membres titulaires
souhaitent passer à l'honorariat. L'assemblée désigne
pour les remplacer au poste de titulaire deux membres associés,
Mme Françoise Rebena, professeur de Première supérieure,
et M. Christian Huni, pharmacien.
- Mise en application du nouveau taux de cotisation (100 €)
voté par la Commission administrative sous le précédent
mandat lors de sa séance du 26 septembre 2005.
- Le 28 - L'Académie
représentée à l'apéritif musical organisé
par la municipalité de Verson en partenariat avec la Région
et la Communauté de communes "Les Rives de l'Odon"
dans le cadre de "2006 Senghor en Normandie" en présence
de Mme Senghor.
Juin
Le 5 - L'Académie
représentée lors de l'hommage rendu en la cathédrale
de Bayeux à la mémoire de notre confrère ancien
ministre Raymond Triboulet.
- Le 9 - L'Académie
représentée à la présentation du dernier
livre de notre confrère Frère Dominique-Marie Dauzet:
"La mystique bien tempérée. Ecriture
féminime de l'expérience spirituelle, XIXè-XXè
siècle" à
l'abbaye de Mondaye.
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Ils
ont parrainé des filleuls et des filleules
Bernard
Beck: Alain Caubet
Jacques Belin: Jean-Pierre Marin
Yvon Bénard: Francis Bénard; Edouard
Zarifian; Jean-François Duhamel
Bernard Blanchard:
Louis Bach; Jean-Pierre Marin; Jean-François Duhamel
Christophe Coin: Robert Denis
Jean Collin: Jacques Legendre
Joseph Decaens: Marie-Laure Gaunet
Jean-Louis
Dumas: Albert Bonnin; Louis Le Roch' Morgère
Michel Godefroid:
François Ruffier
Bernard Gourbin:
François Ruffier; Mareike Wolf-Fedida; Régis Cotrel
Christian Huni: Valérie Collot; Alain Caubet
Jean-Marie Lepargneur: René Parisse; Yannick
Guillou; Christian de Bartillat
Jean Malraye: Gérard Dubuisson; Robert Denis
Jean-Marie Monet: René Parisse; Gérard
Dubuisson; Yannick Guillou
Gérard-Guy Mouchel: Jacques Legendre; Edouard
Zarifian; Albert Bonin; Adrien Goetz
Jacques Moulin: Valérie Collot
Jacqueline Musset: Louis Bach; Christian de Bartillat;
Louis Le Roch' Morgère
Bernard Pagnon: Régis Cotrel
Claude Roche: Marie-Laure Gaunet; Francis Bénard;
Adrien Goetz; Denis Busardo
Eckart Thomä: Denis Busardo Edouard
Zarifian: Mareike Wolf-Fedida
Nouveaux
académiciens depuis le 1er janvier 2006:
- Marie-Laure
Gaunet, professeur honoraire de mathématiques
- Louis Bach, professeur émérite de droit
- Jacques Legendre, cadre retraité d'un groupe
d'assurance
- Valérie Collot, professeur de pharmacognosie
- Francis Bénard, professeur émérite
de biologie
- Alain Caubet, maître de conférences
au CHRU de Rennes
- Jean-Pierre
Marin, avocat honoraire
- François
Ruffier, directeur général adjoint de
la ville du Havre
- Edouard Zarifian, professeur émérite
de psychiatrie et psychologie médicale
- René Parisse, inspecteur départemental
honoraire de l'Education nationale
- Christian de
Bartillat, écrivain-éditeur
- Albert Bonnin,
professeur d'espagnol retraité
- Régis Cotrel,
notaire à Saint-Lô
- Robert Denis,
professeur retraité d'éducation musicale
- Gérard
Dubuisson, éditeur retraité
- Jean-François
Duhamel, professeur agrégé de pédiatrie
- Adrien Goetz, maître de conférences
en histoire de l'art à Paris IV
- Yannick Guillou,
attaché d'édition
- Louis Le
Roch' Morgère, conservateur en chef des Archives de
Basse-Normandie
- Mareike Wolf-Fedida, professeur de psychopathologie
à Paris VII
- Denis Busardo, ingénieur en électronique
et informatique
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Académie
des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen
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du dossier presse)
L'Académie
des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen a vu le jour en 1652 en
son siège actuel, l'hôtel d'Escoville, place Saint-Pierre,
alors hôtel du Grand Cheval, demeure de Jacques Moisant de Brieux,
son fondateur. Elle rassemblait en ce lieu une trentaine de fins esprits
de l'époque parmi lesquels Samuel Bochard, Pierre Daniel Huet
et Regnault de Segrais dont les noms sont toujours en mémoire.
Elle
est la plus ancienne des académies de province, l'un de ses membres,
François Le Metel de Boisrobert, ayant pris une part prépondérante,
dix-huit ans plus tôt, dans la création de l'Académie
française. Les lettres patentes de l'académie de Caen
ont été enregistrées le 17 février 1705.
Elle est reconnue d'utilité publique depuis un décret
impérial du 10 août 1853.
Tour
à tour royale, impériale, républicaine, elle a
survécu à de nombreuses mutations. Elle seule fut chargée
à l'origine par Louis XIV de la pureté de la langue. Si
préserver et promouvoir la langue française et, d'une
façon plus générale, la culture classique, reste
sa vocation première, son objectif n'est plus essentiellement
littéraire. Depuis plus de trois siècles, elle a largement
contribué à la vulgarisation de la chimie, des mathématiques,
des sciences de la nature, stimulant aussi bien la musique et la peinture.
On lui doit également des apports remarqués en matière
de médecine. Elle prône la tolérance et défend
le patrimoine régional artistique et culturel
L'Académie
de Caen a fêté son 350è anniversaire les 13, 14
et 15 juin 2002 sous la présidence de M. Pierre Messmer, ancien
Premier ministre et Chancelier de l'Institut de France dont elle dépend.
Elle a juridiction sur l'ensemble de la Basse-Normandie.
Plusieurs
illustres personnages ont appartenu à l'académie de Caen:
le physicien Ampère, le cardinal Baudrillart,
les académiciens français Henry Bordeaux
et Octave Feuillet, le navigateur Bougainville,
les poètes François Coppée, Lamartine
et Léopold Senghor, l'ancien président
de la République Paul Deschanel, le navigateur
Dumont d'Urville l'astronome Camille Flammarion,
le général Gouraud, les historiens Tocqueville
et François Guizot, les mathématiciens
Laplace et Le Verrier, mais aussi
La Varende, Arcisse de Caumont, Roederer,
Henri Poincaré, le professeur Lucien Musset,
l'ancien ministre Raymond Triboulet...
Composition
de l'académie
Au
14 janvier 2006 (date des dernières élections), l'académie
de Caen rassemble 45 membres titulaires, 96 membres associés
correspondants ainsi que 16 membres d'honneur et membres honoraires.
L'académie
s'honore de la présence en son sein de personnalités très
connues parmi lesquelles Pierre Chaunu, professeur
émérite à la Sorbonne, membre de l'Institut, l'ancien
ministre Louis Mexandeau, le chef d'orchestre Christophe
Coin, l'écrivain franco-russe Vladimir Fédorovski,
la chercheuse Madeleine Foisil, Jean-Marie
GirauIt, sénateur-maire honoraire de Caen, le journaliste
du Times Charles Hargrove, le professeur Karin
HoIter, de l'Université 1 d'Oslo, Jaroslava Moserova,
vice-présidente de l'UNESCO, les cancérologues Israël
et Abbatucci, Mireille Lamarque,
conservateur en chef des archives de l'Institut de France, le professeur
Joseph Maalouf, de Beyrouth, le préfet de région
Rémy Pautrat, Anne Muratori-Philip,
grand reporter au Figaro, le psychiatre Edouard Zarifian,
etc.
L'académie
est dirigée par une Commission administrative de 20 personnes
qui ont, chacune, une tâche bien définie. La commission
élit un bureau pour deux ans. Celui-ci vient d'être très
largement modifié:
Président:
Bernard Gourbin
Conseillers du président: Bernard Beck, Jean-Marie
Lepargneur
Vice-président:
Baptiste Leseigneur
Secrétaire perpétuel: Claude Roche
Secrétaire-adjoint:
Jean-Louis Dumas
Trésorier: Jacques Belin
Trésorier-adjoint: Guy Pelletier
Présidente du Comité du prix: Jacqueline Musset
L'académie
a embauché le 5 décembre 2005 sur un "contrat d'avenir"
un secrétaire administratif. Ses bureaux sont installés
au 2è étage de l'hôtel d'Escoville. (Tél\fax.
02 31 86 14 16 - Courriel: accaen.scabl@wanadoo.fr).
Elle vient de réactiver son site internet consultable à
l'adresse: http//www.academiecaen-scabl.com.
Début
2004, elle a soutenu la fondation d'une association "Les
Amis de l'Académie" qui, depuis lors, propose,
dans ses locaux, une dizaine de rencontres-débats d'octobre à
juin.
Activités
et perspectives
-
L'académie organise des conférences mensuelles
un mois sur deux en séance privée à l'hôtel
d'Escoville, un mois sur deux en séance publique à l'auditorium
du musée des Beaux-Arts devant 100 à 250 auditeurs selon
l'intérêt du sujet et la notoriété de l'orateur.
-
Chaque année, début décembre, elle décerne
un prix littéraire qui couronne un ouvrage en
rapport avec la Normandie. Le lauréat 2005 est Christian de Bartillat,
auteur de Deauville et la côte de ciel.
-
Elle publie une Gazette bi-annuelle (rédacteur
en chef Bernard Gourbin) et, périodiquement, un livre de Mémoires.
Le tome XLI (2005) renfermant les conférences de 2003 et 2004,
est paru en début d'année 2006.
-
L'Académie organise également des séances de bibliographie
les 1er vendredi du mois pair (Littérature), les 1er vendredi
du mois impair (philosophie) et 2è vendredi du mois (Sciences).
-
Sa bibliothèque, en voie de réorganisation,
peut être consultée le matin aux jours ouvrables. Le catalogage
vient d'être terminé.
-
Seulement à l'intention de ses membres, elle a institué
un trombinoscope et en assure le suivi. Par ailleurs,
elle organise un banquet annuel et des voyages.
-
Sur le plan intérieur, le président s'est engagé
à développer de façon conséquente
les effectifs de l'académie. il a passé un contrat
moral dans ce sens avec chaque académicien. En effet, des personnes
de qualité nous entourent dans et hors nos frontières
bas-normandes, à nous de les recruter.
-
Sur le plan extérieur, l'Académie des Sciences, Arts et
Belles-Lettres envisage de s'ouvrir plus largement vers la société.
A la fois par des réflexions et des projets, elle s'investira,
au gré de l'actualité, dans la ville, le département,
la région et offrira son label à un certain nombre de
manifestations. Ce label, déjà accordé à
la réception de Christian de Bartillat organisée au CID
de Deauville, le sera aussi à l'occasion de l'année Senghor
et de l'année Mozart.
-
Chaque année, l'Académie participe au Salon du
livre de Caen. Elle y a son stand et plusieurs de ses membres
sont auteurs invités.
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Nous
rendrons hommage à la mémoire du ministre Raymond Triboulet,
notre collègue, dans la prochaine Gazette.
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Les
nôtres publient...
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Pierre Brunet: Inventaire régional des paysages de Basse-Normandie
(2 tomes). Préfacé par l'ancien préfet
Francis Idrac et l'ancien président de région René
Garrec, ce bel inventaire illustré constitue un ouvrage de
référence sur les paysages bas-normands. Au-delà
du plaisir de la découverte des richesses paysagères,
il donne une clé de lecture des lieux où nous vivons
et sur lesquels nous apportons tous des modifications. Il apporte
aussi des éléments de réflexion sur les évolutions
liées à l'économie ou à l'usage du sol
et sur les conséquences visuelles qu'elles engendrent. La première
partie de cette somme de 871 pages retrace l'évolution de l'occupation
humaine et les paysages qui en ont résulté. La seconde
détermine la place de l'arbre et de la haie. Une troisième
partie, enfin, définit les «unités de paysage»
avec leurs éléments géographiques. Ecrit en collaboration
avec Pierre Girardin. (Conseil Régional de Basse-Normandie
et Direction Régionale de l'Environnement).
-
Adrien Goetz: Ingres Collages. Notre nouveau
collègue vient de publier un essai d'histoire de l'art qui
accompagne l'exposition dont il est le commissaire et qui est visible
jusqu'au 21 août au musée des Beaux-Arts de Strasbourg
(Palais Rohan). Plutôt que de présenter des dessins achevés,
aboutis, cet essai d'Adrien Goetz met en lumière un choix de
feuilles qui témoigne du travail de l'artiste, de la technique
de l'atelier. Avec la révélation de ces "collages",
on est au plus près de la méthode d'Ingres qui apparaît
dans ces dessins, nullement destinés à être montrés,
plus audacieux encore que dans ses œuvres officielles. Il est
"moderne". Dans sa recherche de la beauté parfaite,
l'artiste ouvre la voie aux collages des surréalistes et des
cubistes. Et si Le vœu de Louis XIII, L.'Apothéose
d'Homère, Le bain turc, ses toiles les plus célèbres,
étaient, d'abord, des collages? Le livre est préfacé
par Florence Viguier, conservateur du musée Ingres de Montauban.
(Editions Le Passage)
-
Adrien Goetz: A bas la nuit ! Qui est Maher
? Comment un jeune homme d'origine tunisienne, né dans un quartier
de La Plaine Saint-Denis, se retrouve-t-il au premier rang du monde
de l'art, des grands collectionneurs et des marchands parisiens ?
A l'hôtel Drouot, c'est une surenchère de ragots. Comment
un beur a-t-il pu hériter de la collection de la riche excentrique
Laura Bagenfeld et prendre son nom ? Un couple de conservateur de
musée le rencontre lors d'une fête à Florence.
Sous leurs yeux, Jeanne, la petite amie de Maher, est enlevée.
La rançon: sept tableaux de la collection Bagenfeld que rien
ne semble lier les uns aux autres. S'ensuit une traque entre l'Italie,
la Suisse, un château en Auvergne et une île du Pacifique.
La personnalité de Maher reste une énigme. Qui percera
le mystère de ce Gatsby moderne ? Le lecteur, bien sûr,
mais avec lui l'auteur qui publie ici son 4è roman sorti en
mai. (Grasset)
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Selva Gourcy: Mathilde, femme de Guillaume.
Le premier roman historique sur la vie de l'épouse de Guillaume
Le Conquérant est dû à notre consoeur Selva Gourcy,
auteur de plusieurs romans, d'une soixantaine de nouvelles radiophoniques,
adaptatrice, par ailleurs, d'œuvres de Maurice Genevoix, André
Chamson, Joseph Kessel. .. Pourquoi un roman sur Mathilde dont on
ignore à peu près tout (même le visage) sinon,
tout de même, qu'elle fut «aux affaires» plus de
la moitié du temps, Guillaume étant absent. On trouve,
en effet, la présence de Mathilde dans 25 % des chartes. Dissimulée
dans l'ombre gigantesque de son époux qu'elle accompagna sa
vie durant, cette petite femme avait l'énergie d'une grande
dame. Sans s'éloigner des chemins tracés par l'histoire,
Selva Gourcy revêt d'un peu de chair et de vie cette image trop
pâle d'une Reine et Duchesse méconnue, aimée de
ses contemporains. L'historien Pierre Bouet apporte sa caution à
l'ouvrage. (Editions Alizé-CdJ)
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Gilles Henry: Histoire d'un rapt. Auteur
de plus de cinquante ouvrages (biographies, dictionnaires, guides,
albums), Gilles Henry «décortique» cette fois un
horrible fait-divers qui commence et finit à Caen. Nous sommes
un an après mai 68. Robert Kratuzick et Gilbert Rondo finissent
de purger une peine de réclusion à la prison de Caen.
Tous deux ont un sérieux vague à l'âme dans l'attente
de ce proche avenir de liberté qu'ils se promettent «à
la vie à la mort». L'équipe, une fois libre, se
décide pour le rapt d'un enfant. Le 16 novembre 1970, une petite
annonce providentielle dans un journal parisien enclenche les événements:
on recherche la mystérieuse femme blonde qui a enlevé
le petit Bernard, et son complice présumé. La rançon
de 15 millions de F; est rapidement payée et le bébé
libéré dans la nuit, à Rouen. Toute ressemblance
avec des personnages ayant réellement existé serait
pure coïncidence. L'affaire, pourtant, ne fait que commencer...
(Cheminements)
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Marie-Odile Laîné: Balade dans la Manche
sur les pas des écrivains. «Qu'est-ce qu'
un écrivain ? C'est quelqu' un qui nous transporte. Et nous
serine: allez-voir là-bas, vous y êtes !». Cette
formule est tirée de l'un des vingt récits de vie qui
composent cette Balade dans la Manche construite à
l'image d'un précédent volume sur le Calvados. Cette
fois encore, plusieurs des nôtres s'y expriment pour évoquer,
sous la conduite de Marie-Odile Laîné, l'auteur qu'ils
ont choisi, soit parce qu'ils l'aiment tout simplement, soit parce
qu'ils furent des gloires de notre académie. Claire Vaudevire
évoque Octave et Valérie Feuillet, le "Musset des
familles" et la "Sévigné des Palliers".
Louis Lebarbanchon nous fait revivre notre bon Louis Costel. Jean-
Louis Benoît nous parle d'Alexis Tocqueville en son village
et Madeleine Foisil de Gilles de Gouberville, son gentilhomme aux
champs. Nous cheminons sur leurs pas, en boucle, à travers
cette Manche singulière. (Editions Alexandrines)
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Jean-Pierre Marin: Au forgeron de Batna.
L'auteur, nouveau venu à l'Académie, est né en
Algérie. Le forgeron de Batna, c'est son père, Aimé
Marin, homme de l'Aurès, auquel ce livre rend un immense hommage.
Ode incantatoire, murmurée avec reconnaissance puis criée
avec rage, on y découvre la mixité d'une famille implantée
en Algérie depuis quatre générations, dont une
branche servait l'armée française tandis que l'autre
était engagée dans le FLN auquel elle appartient toujours.
Jean-Pierre Marin lève un voile sur les secrets de cette région
et tente d'expliquer pourquoi ce ne pouvait être que dans ces
montagnes que se fomenterait l'insurrection
de la Toussaint 1954. En humaniste soucieux de justice, il témoigne
aussi sur la vie réelle des «petits pieds-noirs»
appelés à tort «colons». Les Français
d'Algérie (et les autres) seront nombreux à se reconnaître
dans ce récit dont chaque détail a fait l'objet d'un
scrupuleux travail de mémoire. (L 'Harmattan)
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Mareike Wolf-Fedida: Amour, identité et changement.
Nouvelle venue, elle aussi, à l'Académie, Mareike Wolf-Fedida,
professeur de psychopathologie, a succombé à la question
maintes fois posée par ses amis: «Essaie d'écrire
pour les gens normaux !». Alors, autant aller à l'essentiel:
l'amour. L'amour est la seule raison de vivre et anime les espoirs
secrets - avoués ou non. Pourtant, comment se fait-il qu'une
chose aussi élémentaire soit aussi compliquée
? En trois cents pages l'auteur répond à ce paradoxe
en tentant d'établir le lien entre la clinique psychanalytique,
le transfert dans l'amour et les histoires d'amour, les nôtres,
telles qu'elles se racontent. Toute relation comporte des révélations
inattendues, peut-être même provoquées par soi-
même ! De manière soudaine, toute personne qui aime peut
se voir confrontée à l'étendue des souffrances
de l'âme sans comprendre ce qui lui arrive. Mais il est impossible
de conclure sur l'amour, prévient-elle. Dont acte. (MJWF
édition)
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Edouard Zarif'ian: La Force de guérir.
Au-delà des traitements et de toutes les techniques, aucune
guérison n'est complète si ne s'instaure au cours des
soins et après ceux-ci, entre le malade, ses proches et son
médecin, une relation humaine particulière, véritable
alchimie fondée sur la parole. Psychiatre depuis plus d'un
quart de siècle, le professeur émérite Edouard
Zarifian nous livre ici le fruit de toutes les rencontres, de tous
les échanges qu'il a eus avec ceux et celles qui ont choisi,
à un moment difficile de leur vie, de lui faire confiance.
Peut-on guérir par la seule force de son psychisme ? Pourquoi
refuse-t-on parfois - inconsciemment - de guérir? Quelle est
l'influence réelle de l'entourage sur le résultat des
soins? Explorant les chemins surprenants de la guérison, il
montre comment retrouver le pouvoir d'une parole trop souvent négligée
ou muselée par la médecine moderne. (Editions Odile
Jacob)
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Edouard Zarifian: Le goût de vivre, retrouver la parole
perdue. Face à la souffrance qui accompagne tant
d'événements de l'existence, c'est le goût de
vivre qui nous permet d'aimer, d'aider, de soulager. C'est l'échange
de paroles qui fait de nous des humains et qui façonne nos
mondes intérieurs. C'est la parole, source de nos bonheurs
comme de nos peines, qui nous fait vivre dans un mélange subtil
de réel, d'imaginaire et de symbolique. Pour savourer le goût
de vivre, sachons ensemble retrouver la parole perdue, car nous avons
encore tant de choses à nous dire... C'est le message que nous
délivre, avec ce livre, le professeur Zarifian dont les précédents
ouvrages, Les Jardiniers de la folie, Des paradis plein
la tête et La force de guérir, ont été
de très grands succès de librairie. Edouard Zarifian
est également l'auteur chez un autre éditeur, sous le
titre alléchant: Bulles de Champagne, d'un très
bel album qui nous éloigne de la psychanalyse, encore que...
(Odile Jacob)
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Les
récentes communications
par J-L Dumas
3
décembre 2005: "La
triste condition des enfants naturels en Normandie jusqu'à
la Révolution" par Mme Jacqueline Musset. Il
s'agit de la situation de ces enfants qui vivent dans une indifférence
presque totale. A partir du XVIIè siècle, en Normandie,
juges et magistrats assureront aux «bâtards», grâce
à la jurisprudence, un destin moins terrible que celui d'«étrangers»
qui était le leur. Eventuellement, le père se voit imposer
des obligations. Dans la première moitié du XVIlle siècle,
les jurisconsultes vont pouvoir rapprocher le sort des enfants naturels
de celui des enfants légitimes. Il reste encore beaucoup à
faire: le «droit de bâtardise» en faveur du seigneur
durera jusqu'à la Révolution. Pourtant une évolution
favorable s'est opérée - contre la coutume - grâce,
cette fois, aux juristes et à la compréhension d'hommes
de bonne volonté.
16
décembre 2001: "Elaborer
un budget" par M. Jean Bouglé. Il est toujours
difficile d'élaborer un budget. Il s'agit d'une notion technique
et d'une notion politique. L'arithmétique budgétaire
subit de nombreuses contraintes. La politique budgétaire rencontre
un certain nombre de limites. La dépense publique est une donnée
incontournable. La répartition entre impôts directs et
impôts indirects est d'une importance capitale. La dette publique
soulève des questions auxquelles les réponses ne doivent
être que politiques. De nouveaux moyens techniques se mettent
en place, mais une volonté politique est nécessaire.
Le catastrophisme n'est pas indispensable...

14 janvier 2006:
1. "Etude
linguistique du mot EURO" par M. Gérard-Guy Mouchel.
Origine et étymologie d"euro" qui fait partie des
mots tronqués (apocope). Toute une symbolique est à
l'arrière-plan des décisions prises.

2. "La rescapée caennaise du Titanic"
par M. Bernard Gourbin. C'est le récit d'une tragédie
parmi les témoignages de survivants et des journaux de l'époque.
Bernard Gourbin évoque l'embarquement, la manœuvre des
remorqueurs, le voyage, le heurt de l'iceberg (14 avril 1912 à
22 h 15), le sauvetage de femmes et d'enfants (1 490 victimes, 711
survivants). Il y aura polémiques et batailles d'experts. Notre
rescapée, née à Gourfaleur dans la Manche, est
Marie Bouvet alors âgée de 28 ans. Elle a pu se marier
en 1913 tout en éprouvant «la honte d'être vivante»
et en conservant des objets fétiches futiles.
20
janvier 2006: "Les
manuscrits enluminés de la Bibliothèque Mazarine"
par M.Christian Péligry. Le "Liber Floridus" a pour
ambition de mettre à la disposition de la communauté
scientifique un corpus iconographique d'un intérêt exceptionnel.
M. Péligry en retrace la genèse; le but en est la conservation
d'un patrimoine fragile. Aujourd'hui, le dilemme conservation ou communication
des documents précieux est largement dépassé:
les nouvelles techniques jouent un rôle décisif. La démarche
de consultation s'appuie sur la «grille de recherche iconographique»;
le vocabulaire est hiérarchisé à partir d'un
Thesaurus. La conférence se termine sur une enluminure représentant
un maître et ses élèves.
11
février 2006: "Eugène-René
Poubelle, illustrissime caennais méconnu" par
Mme Josette Bénard. Eugène-René Poubelle est
né à Caen en 1831. Réduire sa vie à son
action pour la salubrité publique serait trop réducteur.
Il a fait bien d'autres choses. II a été professeur
de droit, préfet, ambassadeur, Homme politique républicain.
On lui doit des embellissements de Paris. Quand son nom a-t-il été
donné à la boite à ordure ? Dès 1890,
un dictionnaire le donne comme nom commun.

17 février 2006:
"De Nuremberg à La Haye ou les étapes de
la justice pénale internationale" par Me Didier
Patry. 1945, 1993, 1998 sont les dates-clé de cette construction.
Les trois crimes dénoncés sont le crime de guerre, le
crime contre l'humanité, le génocide. Certains pays
ont proposé le crime d'agression. On constate le basculement
du XXe au XXIe siècle: la juridiction est permanente; les effets
sont le passage du «tout sanction» à la juridiction,
l'éradication de la culture de l'impunité, la dissuasion
judiciaire et (pourquoi pas ?) l'établissement de la vérité
historique.
17
mars 2006: "Le
fait religieux aujourd'hui dans l'enseignement en France"
par Mgr Pierre Pican. En raison de l'actuelle crise de la conscience
européenne, et de tant d'ignorances, l' Education nationale
a programmé l'enseignement du fait religieux en général.
L'enseignement religieux n'échappe pas à l'intelligibilité.
Mais il faut ici un travail patient. Un nombre considérable
de disciplines est concerné. Les enseignants doivent s'investir
en une intelligente neutralité: ni réductionnisme, ni
apologétique. La fécondité d'une telle pédagogie
est indéniable.

25
mars 2006:
1. "Conserver, dit-elle"
par Mme Françoise Bermann. Tous les ouvrages vieillissent;
l'écrit devient patrimonial. Or, les bibliothèques sont
fragiles. Le texte électronique est menacé à
chaque progrès technique. Mais l'informatique souffre de pléthore.
Offrant le dilemme entre le tohu-bohu et le silence glacé,
internet est la caricature en grandeur réelle de la conservation
universelle. Tout conserver n'a aucun sens. Le patrimoine est une
culture: il doit être pensé.
2. "A propos d'un petit livre d'Antoine
Galland sur l'origine et les progrès du café"
par M. Christian Huni. Le conférencier présente d'abord
le pélerinage de Galland, attaché d'ambassade à
Constantinople (1670) d'où il rapporta la première traduction
des Mille et une nuits; il fut également secrétaire
de Foucauld, intendant de la généralité de Caen.
Différentes hypothèses ont été émises
sur l'origine du café. Mais son expansion fut foudroyante.
Des maisons du café s'ouvrent au Moyen-Orient, puis en Europe.
Cet essor connaîtra des vicissitudes pour des motifs touchant
aux mœurs ou à la religion. Le café donna lieu,
aussi, à de multiples chansons.
15
avril 2006:
"Camille et Paul Claudel: génie et enfer"
par M. Michel Brethenoux. Ce «sujet terriblement triste»,
dira Claudel à 83 ans, pose le problème du rapport entre
génie et folie. Camille a été enfermée,
avec la complicité de son frère, pendant trente ans
dans un hôpital psychiatrique. 1 - On tiendra compte de l'histoire
du milieu, de l'époque. Paul Claudel a frôlé l'enfer.
Malgré sa conversion, il avouera son agressivité, sa
dureté de cœur, voire sa complaisance au mal. Mais il
pense que «le mal sert». 2 - Camille est présente
en filigrane dans l'œuvre de Paul, des sculptures de Camille
sont souvent commentées par son frère. M. Brethenoux
insiste aussi sur l'opposition entre la vie de l'internée et
celle du propriétaire du château de Brangues. 3 - Enfin,
il s'interroge sur la religion du converti face à une «mystique
à l'état sauvage». Camille priait-elle ? En 1935,
elle a demandé à parler religion. Pour Claudel, la conversion
comporte une violence. Le poète envisage une «océanique
rédemption» par l'intercession de Marie.

21
avril 2006: "Santé
et société" par le Dr André Flachs
et Mme Marie Ménoret. Pour Mme Ménoret, toute maladie
a sa part de social. Nous le vérifions par des évidences
structurelles, conjoncturelles, situationnelles. L'évolution
de l'hôpital, depuis les hôtels-Dieu jusqu'aux CHU, en
fait foi. Notre quotidien est soumis à la médicalisation.
Nous pensons en termes de risque et de santé. Celle-ci se présente
comme un devoir. Mais la santé ne peut plus ne relever que
de la médecine, qui perd son autonomie - Le Dr Flachs, généraliste,
se dit un artisan. La médecine générale connaît
une dilution qui a pour envers la concentration hospitalière.
Elle n'est pas enseignée au CHU. La consultation dépend
de différentes normes qui relèvent de la sociologie.
12
mai 2006: "
La laïcité, une exception française" par M.
Gérard Poulouin. La laïcité vient de loin. On peut
remonter à Descartes puis aux Lumières. La laïcité
prend des visages différents selon les pays. Elle est un héritage
de l'Histoire. Ancien Régime, Révolution, Concordat,
Loi de 1905, Comités d'éthique, voile islamique... L'idée
en est portée par des partis de gauche, des "réseaux",
des groupes de pression. La laïcité est "un idéal
à réinventer" (Marcel Gauchet). Faut-il imaginer
des "laïcités plurielles" ? Ne vaut-il pas mieux
faire partager la laïcité grâce à l'école
de la République ?

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Images
Au
Salon du Livre de Caen, le professeur Alain Deloche
entouré
de Bernard Gourbin et Gilles Henry
Nouveau
venu parmi nous, Jean Pierre Marin,
l'un des auteurs
du Salon de Caen
Le Lauréat
2005 du prix littéraire, Christian de Bartillat,
aux côtés
de Claude Roche et Jacqueline Musset
Nathalie, notre
ancienne secrétaire avant de faire ses adieux
Le président Claude Roche au
cours du banquet 2005
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Histoire
des Académies
II. Naissances de l'Académie
française et de l'Académie de Caen
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par Robert
Lerouvillois (1)
Pour
bien comprendre de quelle manière naquirent les académies
provinciales - dont celle de Caen fut l'un des premiers exemples -
il ne sera pas malvenu de se pencher sur la genèse de leur
modèle parisien, l'Académie française.
C'est
en 1630 que de jeunes écrivains, Germain Habert, Jean Chapelain,
le poète Claude de Malleville, l'orateur et poète Jacques
de Serisay, l'avocat Louis Giry prirent l'habitude de se réunir
régulièrement chez leur ami le mémorialiste protestant
Valentin Conrart, pour la simple raison que ce dernier était
domicilié rue Saint- Martin, c'est-à-dire au centre
de Paris. Le plus jeune d'entre eux avait 25 ans, et le doyen du groupe,
Oger de Gombault, dit «le beau ténébreux»,
n'avait que 53 ans.
Leurs
discussions, à bâtons rompus, étaient très
libres et amicales, chacun soumettant ses propres œuvres à
la critique de ses amis. Comme en témoignait l'un d'entre eux,
«ils s'entretenaient familièrement, comme ils eussent
fait une visite ordinaire de toutes sortes de choses, d'affaires,
de nouvelles, de belles-lettres». Une promenade en commun, une
collation clôturaient les rencontres, si amicales que chacun
d'entre eux avait promis de n'en parler à personne. Promesse
qui, bien entendu, ne fut tenue qu'un moment. Malleville, le premier,
ne put s'empêcher d'en faire mention auprès de son ami
l'avocat et poète Nicolas Faret, ce qui valut à Malleville
les reproches du groupe, qui consentit néanmoins à admettre
Faret. Et c'est Faret qui, à son tour, «vendit la mèche»,
si l'on peut dire, auprès de deux auteurs dramatiques, le parisien
Jean Desmarets de Saint-Sorlin et le caennais François Le Métel
de Boisrobert, qui étaient d'ailleurs amis du groupe initial.
A
partir de là, reconnaissons-le, le ver était dans le
fruit. Tout vint, apparemment, de Boisrobert, un abbé de cour,
extrêmement spirituel et d'humeur très enjouée,
qui était en grande faveur auprès du cardinal de Richelieu.
Comment se fit-il que Richelieu s'employa bientôt à nommer
Boisrobert aumônier du Roi, puis conseiller d'Etat, et à
lui conférer des titres de noblesse ? c'est que le cardinal
se piquait personnellement, lui aussi, de poésie dramatique.
Le sujet d'une pièce, intitulée Mirame, fut indiqué
par Richelieu à Desmarets de Saint-Sorlin, qui s'appliqua à
la mettre en forme; et par ailleurs, le talent de Boisrobert fut mis
à contribution, l'abbé devenant ainsi l'un des cinq
auteurs, pas moins, qui travaillèrent aux pièces de
théâtre du cardinal.
L'abbé
de Boisrobert, pour délasser Richelieu des affaires de l'Etat,
n'omettait pas de lui raconter les petites histoires de la cour et
de la ville. Le caennais ayant exposé au cardinal le détail
de ses visites à la petite assemblée parisienne, Richelieu,
vivement intéressé, exprima le désir de voir
bientôt ces personnes constituer officiellement un corps assemblé
régulièrement sous une haute autorité politique,
et demanda à son interlocuteur de jouer le rôle d'intermédiaire
pour exprimer ses intentions aux membres de la compagnie jusqu'alors
informelle.
Pratiquement
contraints et forcés - en dépit de vives protestations
de Jacques de Serisay opposé aux vues du cardinal - , les membres
du petit groupe n'eurent d'autre choix que de s'exécuter, Richelieu
neutralisant astucieusement Serisay en le promouvant directeur de
la compagnie; et au rang des premières tâches qui lui
furent assignées, l'assemblée fut priée de désigner
une commission chargée de publier les «Sentiments
de l'Académie française sur Le Cid de Pierre
Corneille», délibérés en commun et
rédigés en 1637 par Jean Chapelain.
Ce
fut en 1652, dix-huit ans seulement après la constitution de
l'Académie française, qu' un autre caennais, Jacques
Moisant de Brieux, un ancien magistrat (il avait été
conseiller au parlement de Metz), de confession protestante, tout
comme Valentin Conrart qui avait hébergé chez lui les
premières réunions du groupe devenu depuis l' Académie
française, proposa de réunir régulièrement
à son domicile, lui aussi, un groupe d'amis qu'il définissàit
comme «d'honnêtes gens». Par prudence -
ce qui en dit assez sur le climat de cette époque - Moisant,
pour couper court à toute rumeur éventuelle, demanda
aux autorités la permission de réunir ainsi périodiquement
une petite assemblée chez lui: le duc de Montausier, gouverneur
de Normandie, l'intendant Chamillard, le lieutenant général
Malherbe, sollicités tour à tour, donnèrent leur
accord à la requête.
Bientôt,
une personnalité fort intéressante rejoignait la petite
société, le théologien et philosophe hébraïsant
Samuel Bochart, pasteur exerçant son ministère à
Caen. Passionné par l'étude des antiquités sémitiques,
il était aussi l'auteur d'une Géographie sacrée,
ouvrage qui avait valu l'attention flatteuse de la reine Christine
de Suède, laquelle avait appelé Bochart à Stockholm
en 1652 pour un séjour d'un an. En 1663, occupant à
Caen une chaire d'enseignement qu'il conserverait jusqu'à sa
mort, il publierait son célèbre travail sur les Animaux
mentionnés dans l'Ecriture sainte, ouvrage très
apprécié par Cuvier et encore consulté par les
érudits au début du XXè siècle.
(à
suivre)
(1)
Conférence donnée la 4 juin 2005 à l'occasion
du deux cent cinquantenaire de la Société nationale
académique de Cherbourg par Robert Lerouvillois, professeur
honoraire.
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tout renseignement ou toute information concernant la rédaction
de "La Gazette" sadresser
à Bernard Gourbin,14710 Bernesq, tél
et fax : 02 31 22 54 48
ou au secrétariat de lAcadémie, Caen, tél.
02 31 86 14 16
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